Les entreprises commencent à se préoccuper sérieusement du mode d'intégration d'une nouvelle génération de collaborateurs dopés à la technologie.

Une récente étude de Capgemini résumée et commentée par Guy Hervier dans ITR Manager vient enrichir la connaissance que nous avons du comportement des jeunes en la matière. C'est qu'en effet le profil "technologique" des jeunes gens qui vont être massivement recrutés pour pallier le papy crack, ce profil a fortement évolué par rapport aux générations précédentes.

Pour résumer (avec la simplification qu'entraîne toute généralisation), nos jeunes gens sont pour ainsi dire nés avec l'Internet et le tout numérique... Ce sont les "digital natifs" de la classification de Marc Prensky reprise en France par Louis Naugès, i.e les "nés avec la PlayStation, le téléphone mobile, la photo numérique, l’Ipod, et pour qui le courriel est déjà dépassé, remplacé par SMS, chats et autres outils synchrones".

Le schéma ci-dessous (source : webilus.com) est une bonne image des usages qui sont faits de la technologie par tranches d'âge.

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Clients naturel des sociétés qui interviennent dans l'Internet, ces digital natifs sont indirectement à l'origine des choix et des technologies qui parviennent sur le marché. A n'en pas douter, ils attendront des entreprises qui les recrutent qu'elles se mettent au diapason, qu'elles leur offrent un environnement numérique de travail correspondant à leur expérience numérique quotidienne (loisir, échanges, vie familiale, etc.).

Notons au passage que cette utilisation massive de la technologie ne va pas sans modification du comportement, à travers notamment ce que certains ont pu qualifier de syndrome de déficit d'attention (le zapping entre de multiples écrans / activités souvent menées simultanément) - les vidéos proposées dans un récent article du Figaro présentent l'intérêt de montrer pratiquement de tels comportements à l'oeuvre.

Les entreprises vont devoir faire avec, et leur préoccupation n'est pas une vague anticipation : nous l'avons plusieurs fois rencontrée dans nos missions de conseil e-learning.

(Nous pensons, par exemple, à cette division d'un leader mondial de l'assurance confrontée au mécontentement des "anciens" - quadra, quinqua : les choses vont vite par les temps qui courent ! - qui voient partiellement remplacées les formes traditionnelles de la formation (le "présentiel"), auxquelles ils étaient habitués, par des activités d'apprentissage à distance sur ordinateur... et aux plaisanteries des "nouveaux" devant le compagnon - souvent jugé bavard et ringard, par rapport aux ressources proposées par Facebook, Youtube, etc. - qui va guider l'apprenant dans son parcours de formation en ligne.)

Si ce fossé générationnel s'exprime dans un vaste registre d'activités professionnelles, force est de constater qu'il va rapidement impacter les pratiques du e-learning, et plus généralement de la formation en entreprise. C'est une chance pour nos disciplines que d'être ainsi "soumises à la question" sur des points aussi fondamentaux que la pédagogie, la conception et le design, et de pouvoir créer du lien entre les générations.