Sait-on assez qu'un PC est vorace en énergie - l'équivalent de 2 Kg de charbon par jour -, qu'il contribue au rejet d'une grande quantité de CO2 dans l'atmosphère, et participe de ces habitudes dispendieuses qu'on n'imagine pas de remettre en question ?

Sans parler des déchets qu'il faut recycler : plusieurs centaines de millions d'ordinateurs sont fabriqués chaque année, avec une durée de vie de plus en plus faible (beaucoup d'entreprises amortissent sur 2 ans). Il faut par ailleurs compter avec le nombre croissant des utilisateurs provenant des pays émergents. Bref : prendre en compte les problèmes environnementaux que ce mouvement va contribuer à aggraver.

Si nous n'en avons pas toujours conscience, il est un acteur de poids qui semble avoir pris le parti de l'action. « Énergie renouvelable moins chère que le charbon », c'est le nom / manifeste du fonds d'investissement que viennent de créer Larry Page et Sergey Brin, les fondateurs richissimes de Google, bien placés pour connaître les enjeux énergétiques de l'époque : la consommation des dizaines de milliers de serveurs informatiques qui relaient les services de Google sur l'ensemble de la planète est gardée comme un secret d'état.

L'utilisation du charbon – comme source d'énergie bon marché, abondante encore aux État-Unis, et comme source de CO2 / effet de serre et de réchauffement climatique – se heurtera progressivement à une sensibilité environnementale croissante (Cf. la conférence de Bali et les déclarations de Al Gore) ; les panneaux solaires qui couvrent depuis peu les immeubles de la firme de Mountain View sont utiles, mais c'est tout juste s'ils suffisent à couvrir actuellement les besoins du siège. Surtout : l'énergie solaire reste 3 à 4 fois plus chère que le charbon.

Le fonds d'investissement sera immédiatement doté de 2 milliards de dollars : Google traduit d'emblée son ambition de mobiliser les plus hautes compétences et moyens pour avancer dans son objectif d'une énergie renouvelable moins chère. Investissement dans des startups du domaine énergétique (par exemple Makani dans l'éolien), et dans la mobilisation interne de ses propres ingénieurs.

Il faut prendre au sérieux que de grandes compagnies, qui ont constitué de colossales fortunes (certes largement de papier, car indexées sur la valeur d'actions qui ne sont pas à l'abri d'une correction importante), s'investissent dans des projets de ce type, cruciaux pour notre avenir.

Si le génie humain a quelque chance de trouver un substitut aux principales sources d'énergie actuelles (en voie de raréfaction ou bien fortement polluantes), enjeu dont on finit par admettre la gravité, c'est au croisement d'un ensemble de conditions : volonté individuelle et collective, au sens le plus fort du politique, moyens (financiers, humains, organisationnels, matériels, scientifiques...) qui dépassent l'imagination.

Sauf peut-être celle de Google ! Et de quelques rares acteurs qui, avec par ailleurs des ressources énormes et une capacité de décision rapide, peuvent être un aiguillon pour des politiques collectives plus ambitieuses.

Avouons que l'initiative a une autre allure que celle du PC à pédales !

Et nous ne pouvons que leur souhaiter bonne chance !

D'ici qu'on ait trouvé la solution miracle, prenons de bonnes habitudes... (image tirée du blog ekologeek qui se veut "un petit projet sans prétention pour vous proposer des actes simples et qui aideront la planète en vous faisant faire des économies !")

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