La veille du changement

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 11 décembre 2007

La solitude de l'apprenant devant le e-learning

Lire la suite...

lundi 10 décembre 2007

E-learning et « pédagogie active » : je t'aime moi non plus ?

Lire la suite...

vendredi 7 décembre 2007

Le e-learning réhabilite la pédagogie, les formateurs dans tout ça ?

Un paradigme semble s'imposer dans notre champ : le e-learning réhabiliterait la pédagogie.

Nous ne discuterons pas ici de la valeur de vérité de cette assertion, mais de certain usage détourné, consciemment ou non, que des entreprises immatures peuvent en faire.

Par pédagogie, on entend alors la réflexion sur (et la réunion des) moyens, méthodes, outils adéquats à la construction d'un ensemble de compétences dans une population-cible (les apprenants) dans un contexte donné.

La question qui se trouve posée à l'entreprise mentionnée plus haut est celle de l'expertise pédagogique. Comme Diogène errant lanterne à la main dans Athènes avec sa lancinante antienne « Je cherche un homme ! », elle fouille tous ses recoins : « je cherche un(e) pédagogue ! ».

Ce n'est pas l'envie qui lui manque d'aller voir du côté de ses formateurs, mais l'action présente des difficultés. D'abord, ceux-ci sont absents la plupart du temps, ils courent par monts et par vaux, animant un jour dans telle agence le lendemain dans telle usine, au siège rarement et jamais pour longtemps. Ensuite elle s'interroge : est-ce que mes formateurs ont la volonté et la capacité (et la capacité de volonté !) d'ajouter cette corde à leur arc, de devenir (ou redevenir) pédagogue (sauf à rater un virage historique et à risquer de perdre l'emploi sous la force centrifuge).

Expert métier passé à la formation par goût du partage et de l'échange, et parce qu'il veut mettre à contribution son talent relationnel, le formateur à qui nous pensons se voit reprocher à mots couverts (tellement couverts qu'ils ne sont pas toujours prononcés) d'être dans la routine, de reproduire largement l'existant, formation après formation, ou de se contenter d'une actualisation à la marge, d'éviter la remise en cause des tenants et aboutissants de sa mission par la prise en compte des nouvelles approches de la formation.

Le formateur ne peut plus se satisfaire d'avoir le « sens pédagogique » (i.e d'être un bon animateur « présentiel », convaincant, justement apprécié des apprenants), il doit aussi procéder au reengineering de ses pratiques, en construire les outils et les méthodes – cesser de faire comme tout cela allait de soi.

On peut d'autant plaindre le formateur d'une telle entreprise (en vérité, celle-ci est une caricature) qu'elle semble n'avoir qu'une connaissance lointaine de ce qui se joue dans l'animation, la conduite d'un groupe d'apprenants vers un objectif négocié à l'avance.

La porte est ouverte pour qu'il devienne le bouc émissaire des échecs du e-learning, par la vertu du raisonnement suivant : le e-learning requiert une véritable expertise pédagogique, or nos formateurs sont de « simples animateurs » (dont on doute qu'ils acquièrent cette expertise), c'est pourquoi le projet e-learning a échoué. Et pour faire bonne mesure, l'entreprise parmi les plus prudentes se gardera du risque de l'échec en remettant son projet e-learning sine die (ou dans l'attente de jours meilleurs), ayant préalablement posé que les apports du e-learning sont surestimés.

Il y a un autre usage du paradigme selon lequel le e-learning réhabilite la pédagogie, qui consiste à ouvrir le beau chantier de la pédagogie dans l'entreprise, en mobilisant toutes les énergies – celles des formateurs au premier chef, mais pas seulement : celles du management, au plus niveau, et des fonctions support de la DRH – pour construire de nouvelles pratiques de formation et surtout d'apprentissage individuel et collectif, et s'enrichir de nouvelles thématiques.

Dans une telle entreprise (gageons qu'elles constituent la majorité, au moins à venir), les formateurs ne sont pas perçus comme un frein ; ils sont un moteur essentiel, dès lors que le cadre et les objectifs leur ont été clairement définis, et que les moyens, notamment la formation et l'accompagnement qu'ils vont recevoir dans la mutation / enrichissement de leur métier, seront à la hauteur des enjeux.

jeudi 6 décembre 2007

Tutorat... et e-learning au service des banlieues

Un lièvre levé par Jacques Rodet, dans le billet – « Le tutorat, élément de la politique de la ville dans les banlieues ? » – où il se réfère à l'interview du député (UMP) Pierre Cardo dans le journal l'Humanité.

Thèses de Pierre Cardo (à qui l'on ne saurait faire grief d'opportunisme, car il se distingue de longue date, tous partis politiques confondus, par sa volonté politique d'oeuvrer à la pacification des banlieues) :

  • il faut investir dans l'éducation des enfants, tout particulièrement dans les quartiers difficiles ;
  • les résultats positifs d'un tel investissement sont tangibles, les preuves sont faites ;
  • l'investissement consiste notamment en soutien individualisé à l'école, dans le cadre de petits ateliers et de tutorat, dans les apprentissages fondamentaux tels que la lecture.

Cela va sans dire... mais ça va mieux en le disant !

tutorat___l___cole.gif

(Image dans son contexte original : France 5 > Ripostes)

À l'heure où un certain nombre de nos adultes les mieux intégrés dans les entreprises ont droit qui au coaching, qui au tutorat ou à l'accompagnement individualisé ; à l'heure où l'activité des cours privés de soutien a connu une croissance fulgurante (aidée par des crédits d'impôts sur le revenu des foyers les plus aisés) ; à l'heure où se répandent l'universelle volonté d'écoute, de création de liens, de prise en compte des histoires et des parcours individuels... on se demande en effet pourquoi ceux qui en ont le plus besoin - les « jeunes des quartiers difficiles » - devraient être privés de pareilles ressources.

(En sont-ils privés, au fait ? On ne saurait répondre par oui ou non à cette question : (Pierre Cardo le laisse entendre) le tutorat est pratiqué dans un certain nombre d'écoles, qui peuvent à l'occasion être aidées par leurs collectivités, voire par les parents d'élèves eux-mêmes. Mais il y a loin de ce qui existe à ce que requiert la situation.)

Au-delà des bonnes volontés, la question se pose d'une pensée globale et opérationnelle de l'accompagnement à mettre en oeuvre. Globale : inutile que chacun réinvente la roue, l'inventaire doit être fait des bonnes pratiques et le consensus doit pourvoir être dégagé sur les finalités du système à mettre en oeuvre. Opérationnelle : chaque groupe, chaque école doit pouvoir adapter la démarche à ses propres spécificités. Au coeur de cette approche : l'enfant. Pas n'importe quel enfant, un enfant « contextualisé » si l'on peut dire, appartenant à un environnement (social, économique, culturel... tout ce qu'on veut), avec une histoire déjà : autant d'enfants qu'il y a d'enfants !

Deux constatations pour terminer :

D'abord (la toujours problématique relation entreprise / éducation, voire société civile), l'expérience des entreprises en matière de tutorat doit être mise à contribution, même si les outils et les méthodes ne peuvent être plaqués sur l'accompagnement des jeunes scolarisés ou en voie de cesser de l'être.

Le dispositif d'accompagnement pourrait sortir renforcé par l'intégration des possibilités pédagogiques que le e-learning offre aujourd'hui, notamment à travers des contenus scolaires de grande qualité, qu'il s'agit de mettre en scène dans une stratégie pédagogique différenciée. Et si tous les enfants, loin s'en faut, n'ont pas la pratique de l'ordinateur, il reste fortement attirant pour nombre d'entre eux.

Des esprits chagrins y verront une tentative, une de plus ! d'introduire l'entreprise et ses produits dans l'école, en l'occurrence des fabricants d'ordinateurs et des éditeurs de logiciels ; ils auront tort dans les priorités : cette cause nationale vaut qu'on fasse flèche de tout bois !

mardi 4 décembre 2007

Ils recherchent "chef de projet FOAD"

Nouvelle occasion de débat au sein de la communauté foademplois à la suite de l'offre d'un poste de Chef de projet FOAD.

Le lieu : Paris. J'allais ajouter : une fois de plus ; mais il faut clore le débat : la grande majorité des membres de la communauté admet que l'essentiel des « emplois e-learning » sont effectivement à pourvoir à Paris RP. Signalons toutefois qu'il reste des optimistes pour imaginer de grandioses gisements d'emplois e-learning en province - les mêmes peut-être qui voient le PC à pédale comme puissant remède à la crise de l'énergie (notre billet d'hier).

Nature du contrat : CDD. Cette précarité n'est pas faite pour nous surprendre : les entreprises en sont encore à se demander comment intégrer le e-learning de façon permanente dans leur approche formation, hors l'opportunité d'un gros projet dans lequel le e-learning pourra être perçu comme source possible d'économies dans le budget formation. Ne pas préjuger pourtant quant à l'annonce de référence, car d'autres raisons peuvent militer en faveur d'un CDD (le remplacement temporaire du Chef de projet FOAD titulaire, par exemple).

Descriptif du poste et caractéristiques fournis sont trop succincts pour être commentés – quoique cette imprécision fasse signe. On veut espérer que le candidat recevra de plus amples informations en temps et en heure.

Le salaire mensuel brut : 1919,14 €.

C'est d'abord la faiblesse du montant qui surprend, car il faut être dans notre domaine du e-learning, pour observer un tel salaire proposé pour un poste de « Chef de projet ».

Plusieurs interprétations possibles :

  • la coquille ou l'erreur ;
  • un intitulé de poste sciemment forcé, pour un contenu bien en deça de ce que l'on attend d'un chef de projet : les titres ne coûtent pas cher, et ils peuvent satisfaire l'ego en mal de réparation ;
  • le service du recrutement cherche au contraire un chef de projet digne de ce titre, et le marché de l'emploi e-learning serait tel, selon lui, qu'il a bon espoir de trouver des mocassins cuir cousus main (dans le stock d'invendus) pour le prix d'une paire d'espadrille.

On s'interroge ensuite sur la précision du chiffre ; on se dit qu'il doit être le résultat approximé d'une division par 6 (mois) du salaire brut global augmenté de la prime de précarité, lequel, après calcul, tombe sur 12.205,7304 € : on fait mieux comme chiffre rond. Nous renoncerons à comprendre : cette arithmétique est sans doute l'effet d'un savant calcul, au sein d'une mystérieuse grille, prenant en compte des avantages annexes comme le cher vieux paquet de caporal autrefois distribué aux bidasses.

On le voit : la lecture des offres d'emploi peut être riche d'enseignement sur l'idée que certaines entreprises (clients et fournisseurs) se font du e-learning.

Elles traduisent non pas un « e-learning de laboratoire » ou « de brochure commerciale » ou encore le rêve de l'utopiste de service (ce qu'on trouve d'abondance dans les livres blancs), mais le e-learning tel qu'en lui-même, mélange goûteux de discours et de pratiques (les deux pouvant se contredire dans la même offre d'emploi) qui se donnent libre cours quand on en vient à parler enfin « métier ».

Car nous sommes là « dans le dur » : recruter est une affaire sérieuse, l'entreprise ne s'y engage pas à la légère. Et dans notre domaine, les employeurs sont d'autant plus enclins à la prudence qu'ils continuent de se demander où va le e-learning, et s'il est appelé à créer son lot d'emplois durables dans les dispositifs de formation.

Descriptif ou profil du poste, lieu, salaire, service ou département de rattachement... une offre d'emploi a parfois, malgré elle (car il faut bien attirer les compétences), la vertu de démystifier les entreprises qui veulent savoir où en est le e-learning, comme les candidats qui sauront lire entre les lignes... quand l'offre ne se contente pas d'annoncer tout benoitement la couleur !

lundi 3 décembre 2007

And the Winner is...

Celles et ceux qui font confiance au génie humain pour résoudre la crise du pétrole, ceux-là, c'est sûr, sont bel et bien fondés dans leur optimisme : une nouvelle preuve nous en est fournie avec le PC à pédale ! (soucieux des traditions, je réserve mes poissons au 1er avril).

Ceux qui ont confiance dans les Espagnols, aussi : l'Université de Madrid est l'heureuse gagnante du concours universitaire organisé par Intel, à la recherche d'un « dispositif permettant d’alimenter des PC portables à partir d’une source d’énergie durable et renouvelable. »

On notera que la France n'a pas daigné participer à ce concours qui a mobilisé quelques grandes universités établies chez nos voisins belges, allemands, irlandais, italiens et bataves, notamment. Je ne sais s'il faut s'en affliger (registre : « la morgue française ») ou s'en réjouir (le refus de participer à une pantalonnade ?).

Quelle est la panacée offerte par nos amis espagnols ? Nous le disions : le PC à pédale – simple comme l'oeuf de Christophe Colomb, ce qui est bien le moins.

On peut les soupçonner, au choix : de paresse, d'ironie, voire de plagiat à l'encontre des étudiants du MIT (source : pc INpact.com), qui avaient en leur temps imaginé un semblable dispositif, ou à l'encontre d'Épinal (on ne voit guère cette bonne ville tenter un procès) qui a réservé une série de ses images aux vélocipédistes pédalant férocement à la cave pour que la lumière soit à l'étage.

Il est étonnant qu'un pays d'accablante chaleur parie ainsi sur l'énergie musculaire. Il est vrai que la climatisation apporte son lot de fraicheur favorable à l'exercice physique : pourrait-on néanmoins suggérer à nos étudiants espagnols de transférer vers l'alimentation de leurs PC une partie de l'énergie qu'ils auraient gagnée en baissant la clim ?!

Autre incongruité : Madrid étant la capitale la plus haute d'Europe, nos étudiants ont-ils prévu d'alimenter leurs PC à mi-temps (celui de la descente ; pour la montée, j'imagine que le vélo sera poussé) ?

Sept mois de recherche pour aboutir à ce précieux résultat : on peut les en remercier. Comme on remerciera Intel de s'être souvenu que les PC ont besoin d'électricité pour fonctionner.

Grâce à cette nouvelle avancée de la science, dormant sur nos deux oreilles, nous pourrons continuer d'apprendre à distance sans risque que nos PC défaillent à l'instant de renseigner le questionnaire de post-évaluation !

samedi 1 décembre 2007

C'est grave, Docteur ?

Comme on est ! On voudrait que rien n'échappe de ce qui fait le mouvement des idées... Or, s'il est un concept que je n'ai pas vu venir, ni disparaître sur la pointe des pieds, c'est bien celui d'infobésité.

D'abord le mot : admettons qu'il est une jolie trouvaille de nos amis québécois (notre bonne langue leur doit d'être fréquemment vivifiée, grâce leur en soit rendue), pour traduire cette « overlead information » venue des États-Unis.

Ensuite le concept : nous sommes submergé(e)s d'informations, et la côte d'alerte est atteinte.

Elles nous arrivent jusqu'où l'on pensait pouvoir se reposer entre soi et soi, devant cet alpha et oméga de l'intimité moderne : l'écran de l'ordinateur, au bureau ou à la maison. La faible surface de cette lucarne ouverte sur le monde nous laissait penser qu'on pourrait se cacher, voir sans être vu ! Mais c'est une véritable invasion de bits qu'il nous faut affronter, qui nous sautent dessus à l'improviste, venant de tous côtés, par tous canaux.

Placé sous ce bombardement pendant des années, on finit par y prendre goût (une sorte de syndrome de Stockholm où le prisonnier et le geôlier sont une seule et même personne), et quand arrive un flux de moindre intensité, on clique fébrilement sur l'icône du navigateur en quête de sa quotidienne pitance d'information.

Tout est bon, il faut stocker : les livres blancs, les favoris, plus vite, plus vite, dans une course où l'on mobilise ce que la technologie offre de plus convivial (google notes ou les extensions de Firefox, par exemple, Read It Later, les outils de capture, Zotero, Scrapbook... ). Un peu de méthode de gestion du temps peut aider : une pincée de GTD (Get Things Done) ?

S'il le faut, on s'est inventé d'opportunistes domaines d'intérêt (les ratons laveurs, l'Origami, le Web 2.0, etc.) pour justifier – à ses propres yeux, à ceux de l'entourage qui ne serait pas encore atteint – tout le temps qu'on passe à bâfrer de l'octet.

Au passage on s'invente une « identité mosaïque », on habite l'improbable intersection de toutes les communautés qu'on a rencontrées dans ce chemin qui fait du surplace – lequel explique que l'IMC (Indice de Masse Corporelle) des geeks soit supérieur à la moyenne.

Qui je suis ? Eh bien : cet amateur de Web 2.0 qui pratique l'Origami devant un documentaire de Planète sur les ratons laveurs : qui dit mieux ?

C'est ainsi qu'insidieusement l'on est devenu infobèse.

C'est grave, Docteur ?

Voilà une question que nous n'aurons guère l'occasion de poser : le patricien qui soigne l'infobésité n'est pas encore né.

Il y aura la réponse que vous vous faites à vous-même, en constatant les effets de ce mal ; réponse qui induit le remède pouvant aller jusqu'à la suppression pure et simple de l'ordinateur, et le retour au manuscrit et à la bougie.

Il y a une réponse générique, forcément un peu courte : la menace que fait courir l'infobésité, cette avalanche d'informations, c'est celle de la confusion mentale, de l'incapacité programmée à distinguer l'essentiel de l'accessoire, voire le vrai du faux - car on n'aura pas omis de faire de nouveau la distinction fondamentale entre information et connaissance.

Dans certains esprits, l'information à haute dose peut déréaliser le réel (celui que l'être humain perçoit sans l'aide du microscope électronique, du télescope ou de l'internet), les anciens agrégats sont désagrégés dans l'acide numérique, et les mots mêmes peuvent changer de sens, quand ils semblent n'être plus qu'un agencement désagençable d'unités d'information.

On n'ose imaginer le pire : que cette confusion mentale qui guette certains infobèses puisse dégénérer en incapacité collective d'affronter les grandes questions du moment.

vendredi 30 novembre 2007

Le jeune homme et powerpoint

Le jeune homme étudie dans une Grande Ecole. Sa deuxième année d'étude s'achève. Il a décroché la timbale : le stage d'été, bien payé, chez un éditeur de logiciel, avec - last but not least - pour mission d'imaginer le business model (modèle économique pour les indécrottables frenchies) d'un logiciel mineur resté dans les cartons.

Le jeune homme fait une drôle de tête : il vient de découvrir quel livrable l'on attend de lui : un powerpoint (minuscules d'usage, pour un nom devenu commun bien que frappé de copyrignt) ; bref, le type de présentation qu'il exècre, l'exercice de formatage / réduction de la vie en titres, sous-titres, puces, tirets et autres. Comment faire tenir là-dedans le long et tortueux cheminement qui l'aura conduit à entrevoir un possible avenir au petit software ?

Jeune homme, au moins sortiras-tu de l'épreuve instruit de ce qui occupe fréquemment le cadre d'aujourd'hui : la production de ces merveilleux diaporamas (colorés, flashy – grosses lettres jaunes sur fond bleu marine : mon cocktail préféré !) mécaniquement / religieusement (c'est selon) déroulés en réunion, dans une ombre de bon aloi propice à la somnolence ; au moins auras-tu ressenti la perplexité que nous avons connue, et peut-être oubliée (la force des choses), face au devoir de traduire le vivant, la pensée (un bien grand mot que j'ai tort d'utiliser) en action, en ces lentes et linéaires litanies.

Mais voilà que d'inquiétantes nouvelles nous parviennent : des formateurs eux-mêmes auraient fini par succomber, qui se glisseraient confortablement, dit-on, dans une forme d'animation "prêt à porter", car, bonne mère, powerpoint récompense ses enfants obéissants, et nous évite d'affronter le choix des modalités pédagogiques – on reste dans le connu, et comme les apprenants produisent des diaporamas plus souvent qu'à leur tour, ils seraient mal avisés de se plaindre.

Au fond, c'est McLuhan qui a raison : le média est le message. Ce qui compte, ce n'est pas tant le contenu, que de le dire en powerpoint. (Essayez donc de faire une recherche d'images par Google sur le mot "powerpoint", et vous obtiendrez des... powerpoint traitant de tous les sujets possibles, sauf de powerpoint lui-même !)

Des esprits avisés ont fini par se demander comment l'on pourrait recycler ces milliards de slides shows (ces milliards d'heures de travail) qui végètent dans ces millions de disques durs.

Ils ont trouvé et ils ont nommé : cela s'appelle le rapid learning.

Vous réveillez le diaporama de son long sommeil de belle au bois dormant, vous le transformez en flash après avoir enregistré un commentaire (son ou vidéo), et vous diffusez massivement sur l'Intranet de l'entreprise, ou l'Internet si vous recherchez le grand succès populaire. Ah ! J'oubliais : une pincée de QCM pour « faire comme si » (je doute qu'on réussisse à endormir la vigilance du groupe de contrôle de la formation continue avec pareil expédient).

« Rapid » ? C'est le moins que l'on puisse dire ! « Learning » ? Vous avez dit « learning » ?

Comprenons-nous : il n'y a rien de gênant dans le principe de « flasher » un diaporama, de l'enrichir de commentaires et de lui offrir une diffusion plus large sur le Net ; et nous en voyons au contraire l'utilité dans nombre de cas. Il n'y a de gênant que la confusion sémantique : laisser croire qu'il puisse s'agir d'apprentissage, de formation, quand il n'est question que d'information ou de communication.

Revenant à mon jeune homme du début, je lui conseille « pour le fun » (et pour parler « djeun ») la lecture du livre gratuit et hilarant de Rafi Haladjian (offert par les Éditions d’Organisation, 2003) ou celle de l'article « Powerpoint is Evil » de Edward Tufte (polémique, le titre à lui seul réclamerait un long commentaire !)

jeudi 29 novembre 2007

4 salons e-learning pour le prix d'1 ?

La saison des salons e-learning commence, et la concurrence de plusieurs capitales – Berlin, Londres et Paris – pour attirer la fine fleur de l'offre et de la demande européennes.

C'est Online Educa Berlin qui ouvre le bal le 28 novembre, puis viendront les 30 et 31 janvier 2008 Learning Technologies à Londres et les deux salons - iLearn Forum les 4 et 5 février et e-LEARNING EXPO du 19 au 21 février 2008 - de Paris.

On a pu croire qu'avec l'Internet et la possibilité donnée à chaque fournisseur de présenter son offre « quand je veux où je veux » en long, en large et en détail (en couleur, en 3D, avec des animations flash, des vidéos et parfois de la techno), la fin des salons « brick and mortar » était programmée.

Dix années de recul viennent prouver le contraire : les salons se portent bien, sauf les jours de grève des transports qui sont, pour les organisateurs, une sorte « d'épée de la Dame au cleps », d'angoissant tirage d'une « loterie à Babylone », même si les organisateurs français savent alors se montrer opportunistes et les dignes héritiers du système D qui fait de longue date l'admiration de la planète.

Pourquoi nous irons à l'un de ses salons ?

Parce qu'il n'y a rien de tel - pour se faire une idée juste de l'offre, de la demande, et du rapport parfois complexe qu'elles entretiennent - que de déambuler dans les allées d'un vrai salon, de rencontrer des êtres de chair, d'os et de matière grise dont certains suent sang et eau pour trouver la solution à leurs besoins de formation, et d'autres pour les convaincre qu'ils ont le remède.

Comme tout salon, le salon e-learning est par excellence le lieu du relativisme : là où vous pouvez, dans une même demi-journée, mettre en relation plusieurs offres disponibles sur un segment : outils auteurs, LMS, contenus bureautiques sur étagère, offre de services, etc... Quand on est client, rien de tel pour se forger une idée sur (l'opportunité et ) la faisabilité de son projet relativement aux solutions proposées.

La réunion de toutes ces énergies ouvre l'esprit et l'appétit : on parcourra les allées du salon comme la carte d'un pays en train de se construire, d'un avenir qu'on veut croire encore plein de promesses ; on en reviendra avec des idées et des envies, avec le désir renouvelé (renaissant) de mettre les technologies au service de la connaissance et de l'éducation. Au passage, on aura un moment baigné dans cette informelle communauté des professionnels du e-learning, croisé des regards habités du même registre de préoccupation que le nôtre ; on aura peut-être, certainement, noué quelques contacts, ouvert de nouvelles pistes...

Restent deux questions, et une doléance :

D'abord le choix de la ville : Berlin (il est bien tard), Londres ou Paris ? Mis à part le critère d'exotisme, force est de constater que Paris possède beaucoup d'atouts sur lesquels, au moins pour l'exposant et le visiteur français, il est inutile de revenir.

Ensuite le choix du salon : iLearn Forum ou e-LEARNING EXPO ? Les deux ont leurs avantages : iLearn Forum se tient avant (mais presqu'au même moment que le salon londonien, ce qui le prive des visiteurs menacés d'essoufflement) ; e-LEARNING EXPO est adossé au grand salon annuel des RH, ce qui permet au visiteur de mettre en perspective le e-learning avec une approche plus complète du management et de la gestion des connaissances. Chacun rivalise d'attention à l'égard des visiteurs, à travers notamment les ateliers et les conférences ; indifférence quant aux nombre et qualité des exposants : on retrouve souvent les mêmes aux deux salons.

Doléance sous forme de question qui pourrait être adressée par les exposants et les visiteurs aux organisateurs : devant la concurrence de Berlin et Londres, Paris peut-elle continuer longtemps à se payer le luxe de deux salons e-learning à moins d'un mois d'intervalle ?!

mercredi 28 novembre 2007

Le e-learning est mort ! Vive le e-learning !

La rumeur enfle : le e-learning serait donc mort ?!

C'est au moins l'écho de cette formidable nouvelle, que l'on trouve sous la plume de Thierry Klein dans le speechi's blog.

Et nous aurions été les derniers prévenus ! Nous attendons d'être éclairés : dans quelles conditions ? Quand ? Où le terrible évènement s'est-il produit ? Le e-learning est-il mort par accident ? Après avoir manqué son dernier virage d'un projet trop ambitieux ? S'est-il éteint des suites d'une longue maladie dont on veut taire pudiquement le nom - d'un abus d'anabolisants commerciaux, par exemple ?

On préfererait que l'Auguste soit mort de sa belle mort naturelle, plein de sagesse, revenu de Rome pour poser le fardeau dans la douceur angevine ; oui : on aimerait garder l'image paisible de l'impétrant à l'admirable décès, paisiblement allongé sous la couette, entouré encor de sa prolifique progéniture.

Mais rien n'est moins sûr, car la rumeur nous laisse sur notre faim de savoir et de justice : il se pourrait aussi qu'il s'agît d'un crime !

Remarquons au passage que certains – les ingrats – en profitent pour décréter l'oubli général, au prétexte raisonnable que les cimetières sont emplis de gens irremplaçables : le cadavre serait encore chaud, et ceux-là auraient cette audace : est-on sûr, disent-ils, que le e-learning a jamais existé ? C'est du moins ce que soutient Richard Middleton en le comparant au yéti, dans son post de l'Academy Internet - ce qui est une mauvaise plaisanterie, car nous tous de 7 à 77 ans, nous savons qu'il existe pour l'avoir rencontré chez Hergé.

Devant l'universel émoi, il n'y a d'autre solution que de diligenter l'enquête. Fins limiers du net, chefs de projet e-learning, apprenants, fournisseurs de LMS et d'outils auteurs, éditeurs de contenus, e-formateurs, e-tuteurs, concepteurs pédagogiques, instructional designers... que la communauté entière se lève comme un(e) seul(e) homme(femme) pour répondre au défi qui lui est lancé ! Rendons justice au e-learning avant que ne s'ouvrent officiellement ses funérailles : et s'il est possible qu'on l'ait supprimé (escamoté, lâchement poignardé, raccourci, lapidé...), nous n'aurons de repos qu'une fois découvert le pot-aux-roses !

Puisque commence ainsi toute enquête (en recherche de culpabilité), nous poserons la question canonique : quel est le mobile du forfait (à ne pas confondre avec le forfait du mobile) ? Quels obscurs intérêts viennent servir la mort du e-learning ?!

Ou peut-être vaut-il déjà de se demander s'il n'y a pas confusion sur l'identité de la victime : est-ce bien le e-learning qui succombe ? Ou ce que d'aucuns continuent malgré les évidences d'appeler e-learning, qui n'est pas le e-learning que conçoivent les pédagogues ?

le_roi_est_mort.jpg

Le roi est mort ! Vive le roi !

lundi 26 novembre 2007

Egalité professionnelle H - F et diversité : même combat ?

La « veille du changement », c'est possiblement la veille de tous les changements...

Inaugurons le tag « diversité » avec ce billet dont l'occasion nous est doublement fournie par la conférence sur l’égalité salariale homme - femme qui commence aujourd'hui, et par notre implication dans l'élaboration du label diversité au sein de la Commission officielle en charge de celui-ci.

Prendre en compte, dans l'entreprise, l'enrichissement humain que réprésente la diversité, c'est un combat de tous les instants. Il n'est pas gagné d'avance, ainsi qu'en témoigne la dernière enquête sur l'égalité professionnelle homme - femme, combat, lui aussi, proche comme on s'en doute de celui de la diversité.

Certain(e)s membres de la Commission nationale diversité ne sont pas privés de le noter, qui ont émis le souhait d'articuler les deux labels. La question de l'égalité professionnelle homme - femme peut ainsi nous fournir un éclairage intéressant sur le long chemin qui attend la mise en oeuvre de nouvelles pratiques en matière de diversité.

Que dit cette enquête ?

D'abord que l'écart salarial reste important : 11% pour le même poste, et pouvant atteindre globalement (tous postes confondus) de l'ordre de 30% pour les cadres.

Ensuite que cet écart reste pratiquement constant depuis dix ans, malgré tout l'arsenal visant à le réduire. Ce n'est pas faute en effet que le législateur ait prévu des dispositions telles que le rapport de situation comparée visant à diagnostiquer les écarts dans les entreprises ; encore faudrait-il que ledit RSC soit d'usage plus répandu qu'actuellement (30% seulement des entreprises de plus de 300 salariés s'y contraignent, l'obstacle tenant grandement dans la lourdeur des procédures de collecte et de traitement de l'information sur ces pratiques).

Bref : si le discours est unanime pour prôner l'égalité professionnelle, les pratiques ont beaucoup de mal à suivre... Et ce n'est pas faute « d'avoir laissé le temps au temps ».

S'il est un maître-mot qui doive guider nos travaux sur le label diversité, c'est celui de SIMPLICITE !

L'enjeu est en effet celui de l'appropriation du futur label par les entreprises... toutes les entreprises – pas seulement celles du CAC 40 -, toutes celles qui emploient la grande majorité des salariés : PME, voire TPE. C'est auprès d'elles que le label diversité gagnera ses vrais galons.

vendredi 23 novembre 2007

Du télétravail à la délocalisation des emplois e-learning ?

Un débat s'est récemment tenu dans le groupe yahoo ! Foademplois, portant sur la faiblesse du nombre d'emplois e-learning créés en province. La richesse des thèmes et des arguments avancés, la mise en cause de la relation télétravail – e-learning, comme la participation spontanée d'un certain nombre de membres, mériteraient sans doute qu'on y revienne plus tard.

Cependant il faut saisir immédiatement l'occasion de remercier Chantal Dumont, fondatrice et animatrice de cette communauté existante depuis 5 ans, pour son initiative, son esprit de suite, le temps bénévole qu'elle a consacré au projet et les résultats obtenus.

C'est au souvenir de ce débat que nous ramène le billet consacré par Isabelle Dremeau au rachat de NUVVO par Educomp : à la question, de nouveau, de l'emploi dans notre secteur d'activité, et à la menace réelle ou fanstamée de la délocalisation.

Educomp se présente comme une grande société indienne spécialisée dans le domaine du e-learning, et son site donne effectivement matière à penser (surtout dans sa version flash). On se dit : après Arcelor, après des SSII européennes, après de nombreuses entreprises dans de nombreux secteurs d'activité, voilà que des entreprises indiennes se mettent à faire leurs emplettes dans le e-learning occidental. Pourquoi pas ?

On se dit surtout qu'il semble y avoir là-bas autant de compétences qu'ici, et que les salaires y sont largement inférieurs. « On » : c'est peut-être un membre de foademplois - vous, si vous en êtes, moi, un(e) autre -, et qui se demande à quelle sauce il(elle) va bien pouvoir être mangé(e)...

On est d'autant plus enclin à le penser qu'on attend des entreprises françaises, consommatrices ou dispensatrices de e-learning, qu'elles fassent l'effort d'embaucher des spécialistes du e-learning « à distance », au nom de la congruence entre le e-learning et le travail à distance... Que penser en effet (en première instance, qui est une approximation) des pratiques d'entreprises qui, tout en discourant sur les bienfaits de la formation à distance, témoignent la plus grande frilosité lorsqu'il s'agit d'embaucher des professionnels qui désirent continuer de vivre, au moins partiellement, « au pays ».

La question posée est alors la suivante : dès lors que les entreprises auront enfin accepté le principe du travail e-learning à distance – au moins dans les tâches de réalisation – , quelle partie du chemin auront-elles faite avant de confier carrément le travail un peu plus loin, en Inde, au Maghbreb ou en Roumanie ? (liste non exhaustive : le soleil ne se couche pas plus sur l'univers de la délocalisation que sur les conquêtes de Charles Quint).

Autrement dit : à prôner les emplois e-learning à distance, prend-on le risque de scier la branche sur laquelle on est assis ?

allo_durand_vous__tes_vir_.jpg

(Dessin de Chapatte, janvier 2007 - il noircit le tableau : les installations tunisiennes pourraient nous en remontrer sur bien des aspects !)

C'est un débat dans le débat plus vaste de l'emploi e-learning.

Mais l'expérience et le bon sens le montrent : peu d'emplois e-learning sont délocalisables, et les autres, ceux qui restent, sont des emplois dont la valeur ajoutée est essentielle à la réussite des projets e-learning ; ceux, notamment, de la conduite de projet, de l'accompagnement des apprenants et du tutorat.

Il était dit que nous terminerions la semaine sur une franche note d'optimisme !

jeudi 22 novembre 2007

Du classement de toutes ces informations

Plaçons-nous dans l'hypothèse où l'on a mis en place un système de veille sur l'Internet, qui permet d'être informé de l'essentiel d'un domaine donné.

La question qui se pose alors est celle de la conservation et de l'exploitation de ces informations : les conserver où ? Pour quelle durée ? Quel système de gestion permettra de retrouver rapidement ce que l'on cherche ?

Il n'y a pas de réponse univoque à ces questions : chacun ayant en la matière des besoins et modes de fonctionnement spécifiques.

Comme beaucoup, j'utilise del.ico.us, un service de « social bookmarking » (système de marque-page communautaire, social) auquel vous pouvez vous inscrire gratuitement, et dont les principales fonctionnalités sont les suivantes :

  • capture de pages Internet à la volée : vous enregistrez le lien de la page consultée en l'affublant d'un ou plusieurs tags (mots-clés) qui seront eux aussi créés à la volée ou qui vous seront proposés par del.icio.us, et gérés simplement par l'outil, et regroupés au besoin par thématiques. (Si vous utilisez le navigateur Firefox, la capture de la page peut être facilitée par l'utilisation de l'extension correspondante : il vous suffit alors de cliquer sur l'icône qui représente del.ico.us dans la barre du navigateur.) ;
  • recherche des pages / liens enregistrés : il ne vous reste plus qu'à cliquer, dans del.ico.us, sur le tag de votre choix pour voir apparaître tous les liens que vous avez enregistrés.

Ajoutons que del.ico.us est tout autant un système de veille, car il donne accès à l'ensemble des liens que les utilisateurs ont jugé bon d'enregistrer et de partager, décidant ainsi, dans un bel élan de générosité, de faire bénéficier l'ensemble de la communauté de leur travail de veille.

Par exemple l'image ci-dessous montre les résultats de la veille (publique) que l'utilisateur nommé emg75 assure et partage (nous l'en remercions) dans les domaines tels que le e-learning.

exemple_delicious.PNG

Si la prise en main de l'outil est immédiate, elle ne remplace pas l'analyse préalable de vos besoins (ce qui est une toute autre affaire !) : quelles sont mes informations utiles (voire stratégiques), quelle est leur durée de vie, pour quels traitements...

La facilité remarquable d'utilisation de del.ico.us vous menace en effet d'enregistrer tout et n'importe quoi, puis de devoir consacrer beaucoup de temps à supprimer, classer, changer d'attributs des liens que vous finirez même par omettre de lire, tant on passe agréablement les heures à faire du classement !

NB : signalons au passage la possibilité d'ajouter le « widget » del.ico.us dans Netvibes, pour disposer en permanence de vos tags et marque-pages del.ico.us sur votre agrégateur RSS favori.

mardi 20 novembre 2007

Des accointances du e-learning avec la certification...

Ils n'en mourraient pas tous, mais tous étaient frappés...

devenez_experts__s_malaisie.png

Même les futurs "experts ès Malaisie" !

Nous avons de longue date repéré ce que l'on pourrait appeler la « tendance à la certification » des entreprises, des collaborateurs, qui nous vient du monde anglo-saxon (au moins dans ses formes modernes).

Il existe en effet un grand nombre de normes, de labels, de certifications... d'organismes normant (je n'en connais pas qui soit normand), labellisant, certifiant... toutes et tous délivrant de l'estampille plus ou moins reconnue.

Les entreprises en sont friandes : leurs services achats en particulier, qui demandent à leurs fournisseurs de montrer patte blanche ; les services commerciaux, aussi, qui s'en servent comme argument commercial pour se différencier de la concurrence : « moi je suis iso certes, mais votre challenger est CMMI ! Ah bon, je croyais qu'il était seulement SCAMPI ? » (prière de ne pas confondre avec le charmant crustacé que l'on fait rissoler dans une gousse d'aïl)

Elles s'y mettent, les entreprises, avec d'autant plus d'ardeur que la concurrence off shore – que l'on croyait naguère dédiée aux activités moins qualifiées – décroche ce type de certifications à tour de bras (cf. le nombre de SSII indiennes titulaires d'un CMMI de niveau 4 ou 5).

Les salariés y voient à leur tour une façon de prouver leur niveau de compétence dans un domaine particulier, à un moment où les savoirs évoluent si rapidement que le diplôme de sortie des études ou l'attestation de stage sont devenus moins probants ; domaine souvent technique, souvent informatique, parce que la certification sera forcément moins contestable que, par exemple, dans le domaine comportemental.

Il s'agit encore de concurrence, entre les salariés cette fois, sur le marché du travail, et d'organisation / professionnalisation de certains segments de ce marché, ainsi que l'ont compris très tôt des éditeurs de logiciels comme Microsoft, à l'origine de la mise en place de systèmes massifs de certification technique sur leurs environnements et produits (touchant plus seulement un élite d'ingénieurs, mais aussi tout un chacun, notamment avec la certification bureautique MSO).

Le e-learning constitue d'ores et déjà la technologie (techniques, méthodes) possible et préalable à une généralisation de cette propension : les outils de conception, de diffusion et d'administration des questionnaires, à des coûts faibles et une facilité d'utilisation inégalée ; les plates-formes pour collecter les données issues de ces « épreuves » et les analyser sous tous leurs angles ; la contextualisation de celles-ci par leur attachement aux savoirs qu'elles sont censées mettre en évidence.

L'actualité vient prêter main forte à cette tendance ; hier la loi Sarbane Oxley qui oblige un salarié à dénoncer un agissement frauduleux dans son entreprise – ce qui suppose que l'entreprise puisse prouver que son personnel a bien reçu la formation correspondante -, demain un nouveau règlement dont l'Europe est friande, qui contraindra toutes les entreprises d'un secteur économique à procéder de même.

vendredi 16 novembre 2007

Vous avez dit "prismes" ?

Lu récemment (source : Formaguide) la tribune « A la recherche du nouveau responsable de formation » de Stéphane Diebold, qui mentionne les « 7 prismes pour penser la nouvelle fonction (du Responsable Formation) » tirés du livre « Les plans de formation » de Dominique Camusso.

L'expression interpelle !

Par le chiffre « 7 » auquel magies et mysticismes, on le sait, font la part belle : l'auteur a-t-il prémédité ce chiffre ou est-il « tombé juste » ?

Par l'usage du mot « prisme » qui, décomposant la lumière blanche en 7 couleurs (toujours le chiffre magique, en vérité l'arc en ciel ne contient que six couleurs, l'indigo étant invisible) donne à penser que le Responsable Formation détient dorénavant 49 clés (7 x 7) pour penser sa fonction.

Ces prismes sont les suivants : stratégique – individuel – budgétaire – financier – social – pédagogique – qualiticien.

Quelques remarques sur les deux premiers (n'ayant pas lu l'ouvrage concerné, je suis insoupçonnable de faire aucun reproche à l'auteur ; je me fais l'avocat du diable, à chaud...)

Prisme stratégique :

Il s'agit d'aligner les dispositifs et plans de formation de l'entreprise sur la stratégie de celle-ci - ce qui suppose 1. que l'entreprise ait une stratégie – affirmation hasardeuse concernant celles des entreprises managées selon la météo boursière 2. que la réussite de cette stratégie (si le la première condition est remplie) passe par la « bonne » formation des collaborateurs de l'entreprise – contrairement aux machines et au fonds de commerce, le capital humain reste absent du haut de bilan 3. que le temps long de la formation, du développement des compétences soit compatible avec le temps court de la mise en œuvre de cette stratégie (Bill Gates (si je m'en souviens bien) : « Ce ne sont pas les entreprises les plus grosses qui mangent les plus petites, mais les plus rapides qui mangent les plus lentes » - attendront-elles que nous soyons formés ?).

Le prisme individuel :

Il est question d'individualiser la formation, de partir de l'apprenant - comme l'économie de marché part du consommateur –, de son idiosyncrasie, de son histoire, de ses affects, de sa stratégie d'apprentissage, etc. pour l'accompagner dans la construction de ses compétences.

D'accord : nous militons en faveur de cette approche.

Dans une certaine mesure toutefois : nous nous méfions du nouveau paradigme qui voudrait faire du collaborateur principalement un consommateur des services offerts par la DRH, de l'apprenant un consommateur « à la carte » des dispositifs et contenus de formation proposés par son entreprise – et il est vrai que le DIF pourrait faciliter cette disposition.

D'abord le consommateur n'est pas toujours l'être rationnel cher à nos néo publicitaires, pas plus que tout citoyen n'est un expert de l'ensemble du champ économique et social, et les DRH (ou les services formation) pourraient avoir à gérer des demandes auxquelles elles seraient bien en peine de répondre.

Ensuite, si le consommateur peut en théorie changer de marque (c'est au fond cela seul, cette menace que laisse planer le consommateur d'aller voir ailleurs, qui contraint une marque à être aux petits soins de celui-ci), les apprenants n'ont guère le choix : pour la plupart d'entre nous, il faut nous contenter du catalogue et des pratiques formation de nos entreprises !

mardi 13 novembre 2007

e-learning open source : une alternative très sérieuse

Le modèle économique des logiciels open source (logiciels libres) a fait ses preuves. Après une phase d'atermoiement, les entreprises sont devenues clientes ; TPE et PME, bien sûr, qui n'ont pas toujours les moyens d'acquérir des logiciels propriétaires et d'en suivre a fortiori les évolutions, mais aussi les grandes entreprises / organisations qui ont fini par se convaincre de la pertinence de ce choix.

De ce point de vue, les plates-formes e-learning de type open source semblent être appelées à un bel avenir pour quelques raisons suivantes :

  • les plates-formes pédagogiques et collaboratives open source sur lesquelles nous avons été amenés à intervenir possèdent la plus grande partie des fonctionnalités attendues par les entreprises (citons pour mémoire : Moodle, Claroline, Dokeos) ;
  • elles sont de qualité (champ fonctionnel, convivialité) au moins égale à celle des plates-formes propriétaires ;
  • elles présentent des garanties d'évolutivité et d'ouverture supérieures à celles-ci ;
  • elles disposent d'un environnement de services (paramétrage, formation, support) supérieur, car distribué par un nombre croissant d'intervenants ;
  • elles sont économes des deniers de l'entreprise (pour ne pas parler des deniers publics, le cas échéant), même si l'on ne doit pas commettre l'erreur commune de penser qu'une telle solution est gratuite : à l'instar des plates-formes propriétaires, elles nécessitent la mise en œuvre de services amont / aval d'adaptation / paramétrage, de formation, de support ;
  • elles répondent à un souci général de l'Union Européenne et de la France en particulier de laisser toute sa place à l'open source, et à l'industrie du logiciel européenne.

le_mod_le__conomique_open_source.jpg

Issu du récent livre blanc de FaberNovel (agence Web et consulting) – source : webilus – le schéma précédent illustre simplement ce modèle économique.

vendredi 9 novembre 2007

Une pincée de sérendipité...

Lire la suite...

mercredi 7 novembre 2007

Carte heuristique générée par du texte

Celles et ceux qui ont goûté au « mind mapping » ne peuvent plus guère s'en passer. Pour préparer une réunion, prendre de notes, définir les priorités de la semaine, décider en famille du lieu où l'on va passer ses prochaines vacances... les petites cartes heuristiques deviennent nos compagnes de chaque instant !

S'il y a grand plaisir à les dessiner à la main, à en varier les couleurs, à en soigner parfois la calligraphie, à choisir le cahier ou le bloc de papier sur lequel le stylo ou les crayons de couleur vont s'égayer, les logiciels peuvent aussi rendre de grands services.

Nous en avons maintenant l'habitude : le marché se partage entre logiciels « propriétaires » ou libres, dont vous trouverez la liste et beaucoup d'autres informations sur le site Pétillant - quant à moi j'utilise le libre Freemind depuis un an, et je m'en porte bien (téléchargement possible à partir du site 01net)

Cependant la tendance repérée dans de nombreux domaines est là aussi à l'œuvre : on trouve un nombre croissant de logiciels de mind mapping en ligne. Le principe est connu : on se connecte aux outils disponibles après avoir créé un compte sur le site Internet correspondant, puis l'on crée sa carte heuristique en ligne, que l'on peut importer ensuite sous différents formats sur son propre disque dur. Si les fonctionnalités de ces sites restent souvent en deçà de celles des logiciels qui peuvent être téléchargés sur le poste, ces logiciels en ligne peuvent offrir de bonnes surprises.

C'est le cas de mappio qui vous permet de créer votre carte heuristique à partir d'un texte hiérarchisé par des retraits de ligne.

La carte figurant au début de ce billet a par exemple été automatiquement générée par le texte suivant :

Mind mapping

Outils propriétaires
Logiciels libres
 Local
 en ligne
  Mappio

Il ne vous reste plus qu'à essayer sur www.mappio.com

mardi 6 novembre 2007

La C.N.I.L et Signal spam s'unissent contre les spammeurs

Les spams (pourriels in french) constituent une nuisance grandissante – certaines études font état d'un ratio de 50% du trafic e-mail total !

répartition des spams

(Source : Le Figaro)

Notre blog, comme beaucoup, doit en tenir compte dans la gestion des commentaires que peuvent nous faire les internautes : faute de vigilance « la veille du changement » risquerait d'être pollué par des centaines de mails indésirables provenant de sites exotiques et proposant des hormones contre le vieillissement ou de jouer au casino en ligne (liste non exhaustive !)

Pour nous atteindre, les robots font feu de tout bois : courrier électronique, message dans des forums de discussion, appels indésirables via Skype (la voix IP est en effet de plus en plus touchée par ce phénomène), blogs, wikis, etc.

Il n'y a pas de recette miracle pour s'en protéger, mais un ensemble de mesures qui finissent par remédier globalement au problème.

Ces mesures seront largement transparentes pour les utilisateurs en grande entreprise : il appartient au service chargé du réseau informatique de poser les filtres qui empêcheront les « informations » indésirables d'arriver sur votre poste.

Pour les autres – notamment pour les particuliers, autant dire pour tout le monde ! - le site Signal Spam deviendra vite votre portail de référence, grâce auquel vous pourrez signaler d'un simple clic chaque spam reçu, ou trouver les recommandations et les outils (gratuits ou payants) pour vous prémunir contre ce fléau.

L'union faisant la force, Signal Spam et la C.N.I.L viennent d'annoncer un accord de coopération au terme duquel la C.N.I.L pourra accéder aux statistiques de Signal spam, et Signal spam saisir celle-ci contre un spammeur (source : clubic)

La balle est dans notre camp !

lundi 5 novembre 2007

Le point sur le e-learning dans le service public

Il n'est pas trop tard pour vous inscrire au séminaire "e-formation et secteur public" (information complémentaire à partir du lien) qui se tient le 13 novembre à Paris.

Cette journée, construite à partir de l'étude "la e-formation dans les collectivités territoriales" remise à cette occasion aux participants, concerne les élus et directeurs des collectivités locales (RH, Formation, SI...), et tout intervenant intéressé par la problématique du e-learning dans ce secteur d'activités.

Ce n'est pas parce que, souvent, l'administration communique moins que bon nombre d'entreprises, qu'elle se trouve pour autant en jachère du e-learning ; au contraire, les Ministères, les organismes publics bénéficient parfois du temps (et du recul) pour mener à bien des expérimentations dont l'ambition sert le progrès du e-learning.

A ce titre, l'IGPDE ((Ministère de l’économie et des finances) constitue un exemple avancé des bonnes pratiques e-learning mises en œuvre dans l'administration - Source : formation-publique.fr.

PS : ceux qui auront raté la session du 13 novembre à Paris pourront participer à la manifestation "Les Interconnectés" qui se tient à Lyon le 3 décembre.

- page 2 de 4 -