Fefaur publie son livre blanc sur le eLearning dans les entreprises françaises. Au sommaire : panorama de l’offre et de la demande, rôle des LMS dans la stratégie de formation et montée en puissance du mode SaaS
lundi 7 décembre 2009
Livre blanc Fefaur : le eLearning dans les entreprises françaises
Par Aude Dellacherie le lundi 7 décembre 2009, 11:25 - E-learning
mardi 10 novembre 2009
Constituer le dossier eLearning en prévision de l'audit interne...
Par Michel Diaz le mardi 10 novembre 2009, 20:41
La crise économique aura forcément des conséquences sur le budget eLearning des entreprises, que celui-ci soit logé « en vitesse de croisière » dans la Direction de la formation, ou lié à un nouveau projet d'entreprise (driver), par exemple la migration du SI ou le lancement d'un nouveau produit.
Dans ce contexte, les responsables eLearning doivent se préparer à défendre leur prochain budget, et à argumenter / documenter les investissements passés.
Cette argumentation prendra bien entendu en compte l'aspect financier du dispositif eLearning : responsables formation et eLearning doivent pouvoir répondre du coût du eLearning – coûts internes, incluant le poste personnel, et coûts externes, notamment en logiciels et services.
À défaut de calculer le (souvent introuvable) ROI, ils chiffreront les économies que le eLearning aura permis de réaliser par rapport à une solution de formation « 100% présentielle ».
Ce dossier d'argumentation (« de preuve ») suppose préalablement la disponibilité d'un nombre important d'informations structurées, courant parfois sur plusieurs années ; il suppose aussi l'utilisation d'un modèle et d'outils d'analyse et de restitution convaincants.
Par ailleurs, au-delà de cette logique comptable / financière, les responsables formation et eLearning sauront mettre en avant les avantages du dispositif eLearning, dans tous ses aspects : niveau de service et de satisfaction des clients internes – managers et collaborateurs des directions métiers au premier chef –, contribution du eLearning à la compétitivité de l'entreprise, etc.
Bien que certains avantages soient parfois difficiles à quantifier (voire être non quantifiables), il est toujours nécessaire, et possible, d'en assurer un premier niveau d'objectivation pour leur donner plus de poids, par exemple à travers une enquête de satisfaction auprès des apprenants. Et la communication de ces bénéfices – timing, forme, cibles... – doit être étudiée avec soin pour jouer au mieux.
L'expérience nous l'apprend : un auditeur interne s'éternise rarement chez un « client coriace » qui a pris la précaution de constituer un dossier solide !
vendredi 2 octobre 2009
Etude comparative des principaux LMS édition 2009
Par Aude Dellacherie le vendredi 2 octobre 2009, 09:57 - E-learning
Fefaur vient de publier l'édition 2009 de son étude comparative des principaux LMS commerciaux présents sur le marché français.
mercredi 2 septembre 2009
Fefaur lance 3 nouveaux « Pass' Conseil eLearning »...
Par Michel Diaz le mercredi 2 septembre 2009, 18:57
Les 3 nouveaux « Pass' Conseil eLearning » développés par Fefaur sont destinés aux entreprises, décideurs et équipes projet qui souhaitent acquérir rapidement et à moindre coût les savoir-faire, outils et processus clés nécessaires à la réussite de leurs projets eLearning...
mardi 5 février 2008
Des technologies qui feront le e-learning en 2008 ?
Par Michel Diaz le mardi 5 février 2008, 16:30
Un récent dossier de JDN Solutions fait état des "10 technologies qui feront 2008". La période est propice au genre prophétique, dont nous attendons avec gourmandise qu'il nous dote de quelques repères pour arpenter ce monde au plancher instable. (Reste que l'analyse a posteriori est rarement faite : la prophétie passée n'intéresse guère...)
Parmi ces 10 technologies, nous en relevons quelques-unes qui peuvent avoir un impact dans le domaine du e-learning.
Le Wi-Fi haut débit (100 à 200 Mbit/s en débit réel) à travers la norme 802.11n permettra d'améliorer considérablement le confort d'utilisation des modules e-learning qui contiennent du rich media.
Le fameux SaaS (Software as A service) qui pourrait bien concerner un nombre croissant de "projets LMS" : nous la considérons comme appelée à un grand avenir, dès lors que les entreprises veulent se concentrer sur l'essentiel, à savoir la conception pédagogique au plus près des métiers et l'accompagnement des apprenants, et déléguer ce que des fournisseurs de qualité feront toujours mieux qu'elle (notamment la gestion des serveurs, des versions de logiciels, etc.).
Livre et papier électronique : le e-learning n'étant pas la disparition des autres modes de diffusion de la connaissance, le livre continue d'avoir toute sa place, qui est grande, et sans doute peut croître encore grâce au livre électronique dont la technologie est mature.
Les mondes virtuels : Second Life a beaucoup fait parler de lui, et il reste "hype" d'avoir son avatar dans ce monde virtuel... où l'on peut imaginer que se développent de nouvelles pratiques de formations. Par exemple : plutôt que d'apprendre réellement à sauter en parachute, ou ce qu'il en coûte de tripatouiller une prise électrique, on peut tenter le coup avec son avatar (simple clin d'oeil aux lecteurs de Philip K. Dick...) !
L'avenir prévoit aussi qu'un tel dispositif puisse être amélioré par la mise en oeuvre d'interfaces cérébrales qui permettent, via des impulsions électriques produites par le cerveau humain, de contrôler son avatar. Une technologie pour 2008 ? C'est beaucoup d'optimisme.
iPhone 2 : le succès de ce "tout en un" dont les qualités d'ergonomie font couler beaucoup d'encre ouvre-t-il la porte à des éditeurs de contenus de formation qui veulent capter capter les nomades ?
L'impact de ces technologies restera bien limité, l'essentiel étant ailleurs, dans un champ plus large ("technè") : la capacité de tous les acteurs à mieux intégrer l'ensemble des méthodes et des outils déjà existants dans une démarche pédagogique qui fasse sens pour les apprenants et l'entreprise.
Il n'est pas interdit de faire un noeud à son mouchoir, pour prendre rendez-vous à la fin de l'année avec la prophétie du jour !
jeudi 24 janvier 2008
De l'ergonomie web à l'ergonomie du e-learning
Par Michel Diaz le jeudi 24 janvier 2008, 15:40
Que vous vous soyez livré(e) ou non au rapide test récemment proposé, nous poursuivons sur cette question de l'ergonomie du e-learning... par le résumé d'un résumé, accompagné de nos commentaires.
Exposé initial : celui que fait, à l'automne dernier à la série de conférences de Paris Web, Amélie Boucher, spécialiste de l'ergonomie Web, et dont le site ergolab regorge d'informations utiles. Résumé de l'exposé initial : celui que l'on trouve sur le blog biologeek que nous avons déjà eu l'occasion de citer pour la pertinence de son contenu.
Sur les 12 règles d'ergonomie web selon Amélie Boucher je résume à ma façon et commente ci-après celles qui me semblent les plus "impactantes" dans le domaine de l'ergonomie e-learning.
Architecturer l'information à partir de la connaissance des attentes / habitudes des visiteurs du site (à créer, à refondre). Nous reconnaissons là l'orientation apprenant que nous voulons donner au e-learning, et cela, dès en amont du projet.
Organiser visuellement le site par gros blocs d'informations identifiables. D'autant plus valable dans le domaine du e-learning que l'on vise l'information utile qui devra déboucher sur la connaissance, l'essentiel devant être clairement distinct de l'accessoire.
Conserver les mêmes repères de navigation dans toutes les pages, uniformiser les formats de présentation sans pour autant nuire à la créativité. Cela va sans dire, mais au vu de certains sites e-learning, cela va mieux en le disant... Il faut viser la capitalisation des bons réflexes de l'apprenant en lui fournissant une interface normalisée pour l'ensemble des contenus mis à sa disposition. Cette capitalisation des habitudes libère son temps qu'il pourra consacrer au plus important : la connaissance à acquérir.
Choisir avec soin mots et symboles (75% du travail d'ergonomie selon Amélie Boucher), les icônes ne suffisent pas, opter pour une approche pédagogique. Nous sommes évidemment au coeur du sujet : au fond tout site Web de qualité tirera profit à s'inspirer réciproquement de ce qui fait la force d'un site e-learning : la qualité de sa conception pédagogique, dont nous sommes heureux de constater qu'elle passe (évidemment !) par les mots et pas seulement par les symboles...
Guider le visiteur : explicitement (le registre pédagogique précédent), implicitement (par l'organisation visuelle et le comportement des objets, essentiellement des liens). Comme un formateur pourrait guider l'apprenant...
Avoir une stratégie de réponse aux erreurs (errare humanum est) : réduire dans le site le nombre d'erreurs que peut faire le visiteur, lui faciliter le repérage et la compréhension de l'erreur (quand elle a été commise), en faciliter la correction. Cela "résonne" bien en situation d'apprentissage en ligne, où le droit à l'erreur est irrévocable ; nous pouvons même imaginer, pour ces sites particuliers que sont les sites e-learning, la création d'erreurs qui permettront à l'apprenant d'en tirer une connaissance qui aurait moins de force s'il ne commettait pas l'erreur (notamment du point de vue des conséquences que peut avoir l'erreur en question).
Éviter au visiteur de perdre du temps (Ô les formulaires qui prennent 20 minutes à renseigner, pour collecter des informations qui ne seront jamais utilisées...), privilégier la rapidité. Encore une fois, il s'agit de rendre à l'apprenant un temps qui serait mal utilisé, pour qu'il s'emploie à des activités d'apprentissage à plus haute valeur ajoutée.
Donner la plus grande marge de liberté au visiteur, dans le choix de ses activités sur le site : l'internaute n'est pas un spectateur passivement installé devant son poste de télévision, il est un acteur de son parcours sur le site. Cette liberté doit être grande dans un site e-learning qui doit viser (même si ce n'est pas si simple) la mise en oeuvre d'une pédagogie active. Néanmoins cette liberté est conditionnée par la stratégie des concepteurs pédagogiques qui définira comment le savoir aura les meilleures chances d'être acquis.
Rendre le site accessible physiquement, visuellement, technologiquement - bref : éviter des caractères minuscules rendus possibles par une technologie révolutionnaire utilisée par 5 geeks worldwide ! Combien de contenus e-learning finissent au placard (combien d'apprenants jurent qu'on ne les y reprendra plus !) faut que ce principe de base ait été respecté !
Pour en savoir plus sur l'ergonomie Web en général, le livre d'Amélie.
mercredi 23 janvier 2008
e-learning snacking : y viendrez-vous ?
Par Michel Diaz le mercredi 23 janvier 2008, 14:56
Nous vivons une époque formidable : on lit sur le site canadien Thot qu'une pratique se développe outre-atlantique, sous la délicate appellation de "video snacking" (attention : peut-être déjà "trademark" !).
Certains de nos amis américains, entrepreneurs créatifs - à l'affût sinon d'un vrai marché au moins d'un grand buzz -, ont fini par s'aviser que leurs compatriotes (et tous ceux qui en adoptent le passionnant style de vie) déjeunent de plus en plus souvent devant l'écran de leur ordinateur, plongés dans la contemplation euphorique de vidéos que le net offre en abondance.
Du coup, ils ont fait le raisonnement suivant : si notre bipède (la femme ou l'homme debout ou assis : nous ne remercierons jamais assez l'évolution) peut manger tout en regardant des vidéos, il peut aussi bien consacrer un peu de ce moment à se former... Voilà l'idée !
De l'idée à l'offre, il n'y a qu'un pas, vite franchi : des propositions commerciales fleurissent, qui offrent au salarié d'aménager ce moment particulier afin qu'il puisse nourrir ses compétences en même temps qu'il se gave de nourritures terrestres.
Osons un peu d'humour trash... (voir ci-dessous) : nous avons envie de leur demander pourquoi ils s'arrêtent en si bon chemin ?!

Contexte original de l'image : site de John Whelans.
Trêve de plaisanterie : j'imagine déjà que se réjouissent ceux des (rares...) formateurs qu'assombrissait la perspective de partager tous leurs déjeuners avec des groupes d'apprenants !
Qu'on se le dise : ce déjeuner laissera place avant longtemps à ce qu'il me plaît d'appeler le "e-learning snaking" (je ne déposerai pas la marque, libre aux plus aventureux de le faire...), avant que le formateur soit à son tour remplacé par un artefact, et la formation... par quoi au juste ?
mardi 22 janvier 2008
Consultation des apprenants sur l'ergonomie e-learning
Par Michel Diaz le mardi 22 janvier 2008, 16:58
Les projets e-learning qui ont réussi possèdent ce trait commun d'avoir pris en compte l'avis des apprenants bien en amont. A contrario, il ne faut pas s'attendre à une adhésion sans faille des apprenants qui découvriraient au dernier moment quels contenus l'entreprise met à leur disposition.
La consultation des apprenants n'est pas seulement un effet de communication - on ferait semblant de les consulter, sans avoir l'intention de tirer profit de leurs remarques, et a fortiori de changer un iota aux contenus. La "bonne consultation" est loyale, elle suppose un véritable sens de l'écoute de la part de l'équipe projet e-learning, une vraie volonté de s'enrichir des apports des futurs bénéficiaires. Il n'y a rien là que de très banal, et pourtant... nous n'avons pas rencontré tant de projets développés dans cet esprit.
Notons que la consultation n'entraîne pas pour autant un abandon de ses prérogatives par le maître d'ouvrage, à qui il appartient, en relation avec le chef de projet, de maintenir le cap du projet, et de rejeter ce qui (produit de la consultation) pourrait l'en éloigner.

Image dans son contexte original, sur la page ergonomie.blog.sudouestjob.com
S'il est un domaine où la consultation peut s'avérer profitable, c'est bien celui de l'ergonomie des contenus proposés aux apprenants. Celle-ci conditionne largement l'envie qu'ils auront d'utiliser les modules de e-learning, ou leur abandon (même si les contenus en tant que tels sont pertinents).
La consultation des apprenants sur l'ergonomie du e-learning ne doit pas être l'occasion d'une dissertation à perte de vue sur les goûts et les couleurs, discussion qui risque de mal finir (le n'importe quoi, ou encore le décret : "bon, ce sera comme ça et pas autrement !").
Elle nécessite évidemment que l'on ait quelque chose à montrer ! Ce quelque chose : une maquette, une cinématique (la carrosserie sans le moteur) qui peuvent être produites par des outils de type RAD (développement rapide). Cette maquette dira mieux que tout discours que le projet est lancé, qu'il y a un produit au bout de l'effort collectif ; elle facilitera l'appropriation de la démarche projet par tous (y compris le comité de direction qui comprendra enfin ce dont il s'agit, à travers une démonstration de dix minutes).
Bref, la consultation sur l'ergonomie peut rapporter gros... et elle ne coûte pas cher, comme le montre l'enquête menée par les ergonomes du site Interface Research - le test (appuyer sur le bouton start) vous prendra moins d'une minute, et le résultat pourrait vous surprendre.
Rien n'empêche l'équipe projet d'adapter ce mode de consultation à un panel d'apprenants, dès avant projet !
Quelle place pour la vidéo dans l'approche e-learning ?
Par Michel Diaz le mardi 22 janvier 2008, 12:02
Une fois n'est pas coutume : je fais état plus loin d'une information commerciale reçue par courriel, portant sur une technologie de streaming vidéo à première vue séduisante, et qui nous donne l'occasion de revenir sur le sujet parfois controversé de la place que peut occuper la vidéo dans l'approche e-learning.
Place réduite à la portion congrue...
Si les produits sur étagère peuvent s'enrichir de séquences vidéo, celles-ci sont le plus souvent absentes des contenus que les entreprises mettent à disposition des collaborateurs. Ce n'est pas faute qu'elles puissent disposer d'une banque de vidéos (institutionnelles, métiers, etc.), réalisées en de multiples occasions - à grand renfort de moyens quand il s'agit de l'image que l'entreprise souhaite projeter d'elle-même. Cependant ces vidéos se trouvent sous la responsabilité d'une entité communication, et leur existence en est souvent inconnue des services formation. Même méconnaissance pour les services que peut apporter le studio de production interne (quand il existe) : la grande organisation - c'est un secret de polichinelle - est encore bien cloisonnée, malgré ses efforts pour que l'information circule transversalement. Ce constat ne vaut pas seulement pour les vidéos, il porte aussi sur la plupart des médias dont les contenus e-learning pourraient tirer parti. L'inventaire des médias accessibles dans l'entreprise nous semble une des tâches prioritaires du responsable e-learning (qui en profitera pour faire connaître sa discipline en interne).
La place de la vidéo dans les contenus e-learning ne peut que s'accroître sous l'influence de plusieurs facteurs. Nous l'avons souvent évoqué : les jeunes générations qui entrent dans l'entreprise, ont été nourries à la toute présence de la vidéo dont Youtube et Dailymotion sont les emblèmes ; et le net bruisse des usages toujours plus nombreux que les universités américaines font de ces plateformes pour diffuser leurs cours enregistrés en vidéo. N'importe quel particulier peut au reste utiliser ces serveurs pour montrer au plus grand nombre les vidéos prises à chaud avec son téléphone mobile.
Indépendamment de ce facteur générationnel, nous devons admettre que la vidéo peut conforter les contenus de formation délivrés à distance (les formateurs ne rejettent pas son utilisation dans le cadre du présentiel). Le simple enregistrement vidéo d'un e-formateur exposant son cours peut donner son poids de présence humaine à l'échange : le e-formateur (avec ou sans photo) ne peut se suffire d'être une voix, aussi chaleureuse et professionnellement apte soit-elle. Ceci explique en partie le succès d'outils dits de rapid learning (ceux de Speechi, par exemple) qui permettent d'enrichir des diaporamas de présentation vidéos enregistrées sur le vif.
Il reste des obstacles dans la diffusion plus large - chaque fois qu'elle sera pertinente - de la vidéo. Parmi d'autres : la "largeur des tuyaux" qui amènent ces vidéos sur le poste de travail de l'apprenant, ainsi que le verrouillage du poste qui empêche souvent l'installation d'un lecteur. Dans le cas du streaming, la lenteur avec laquelle une vidéo est chargée à l'écran constitue un autre frein d'ordre ergonomique (l'impatience de l'Internaute).
D'où l'intérêt que peut représenter une technologie comme celle de streamfr, qui vous évite le temps d'attente et vous permet l'accès direct dans la "timeline".
mercredi 16 janvier 2008
e-learning ? Et si vous commenciez par la bureautique...
Par Michel Diaz le mercredi 16 janvier 2008, 15:13
Contrairement à ce que l'on a tendance à penser parfois entre professionnels, les entreprises ne se sont pas toutes mises au e-learning... Loin s'en faut !
Nous rencontrons régulièrement des entreprises qui, voulant s'y mettre, ne savent pas trop par où commencer. La question posée est celle du "driver", autrement dit celle de l'existence d'un projet de formation dont les enjeux et les coûts sont tels pour l'entreprise qu'il lui faut sérieusement envisager d'introduire le e-learning dans son dispositif de formation.
Parfait exemple de driver : la refonte des processus et du système d'information dans une grande entreprise multi sites, qui va concerner plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'utilisateurs. Si l'entreprise ne saisit pas cette occasion-là pour étudier de plus près les services que peut lui rendre le e-learning, on voit mal ce qui pourrait jamais la faire bouger ! On notera tout de même pour excuser certaines entreprises timorées qu'un tel projet n'est pas dénué de risques, car il s'agit d'emblée de mettre en ligne des contenus de formation sur mesure étroitement liés aux contexte et besoins de l'entreprise - ce qui suppose déjà un bon degré de maturité de l'entreprise.
Certes... Mais il y a aussi des entreprises qui veulent y aller doucement, à leur rythme, sans forcément qu'un driver se présente à l'horizon ; des entreprises qui veulent avoir acquis quelque expérience en la matière avant que survienne ce projet de contenu métier sur mesure nettement plus complexe à mettre en œuvre.
A celles et ceux qui nous demandent par où commencer, nous faisons cette suggestion : commencez donc par la bureautique ! (plutôt que par la danse classique...)

(source : www.bestofmicro.com)
Parce que c'est un besoin de formation "universel" (montrez-moi l'entreprise dont le tertiaire en est resté à la plume d'oie - au reste, volative hautement respectable) ; parce qu'il s'agit de formations de renouvellement (les concepts de tableur, traitement de texte, etc. sont bel et bien acquis), et donc individualisées, de courte durée ; parce que le contenu s'y prête, tout entier constitué de travaux pratiques sur écran et de procédures informatisées.
Et l'offre existe, de qualité, abondante, concurrentielle ; dans toutes les langues, le français compris...
(Nous ne prétendons pas à l'originalité, et les études de marché en font état, livraison après livraison : entreprises et salariés plébiscitent largement la bureautique comme premier domaine d'application du e-learning.)
Nous aurons l'occasion d'y revenir dans un prochain dossier sur le tout nouveau site d'informations e-learning : e-learning-infos.com.
mardi 15 janvier 2008
e-learning et accompagnement
Par Michel Diaz le mardi 15 janvier 2008, 09:08
Il n'y a pas de dispositif e-learning qui vaille sans accompagnement : le consensus semble en être établi. En même temps, est-on toujours d'accord sur ce que l'on entend par accompagnement ? Une récente expérience nous donne à penser que cette notion gagnerait sans doute à être précisée.
En effet, on réduit souvent l'accompagnement à celui des apprenants dans leurs nouvelles modalités d'apprentissage. Cet accompagnement fait à son tour l'objet d'une réduction au tutorat, qui est certes essentiel, mais insuffisant. A l'issue de ces deux réductions successives, l'entreprise peut croire qu'elle a réalisé son plan d'accompagnement e-learning dès lors que chaque apprenant s'est vu désigner un tuteur dont il peut obtenir tout un ensemble de services plus ou moins réfléchis et structurés (sur lesquels nous ne reviendrons pas dans ce billet). Admettons que c'est loin d'être négligeable... si l'on prend en compte que beaucoup d'entreprises continuent de faire l'impasse sur le tutorat !
Ce faisant, l'entreprise oublie plusieurs dimensions de l'accompagnement.
Par exemple l'accompagnement du changement - on dit aussi souvent la conduite du changement - introduit par le e-learning dans l'entreprise. Qu'il soit ou non conçu et mis en oeuvre dans le cadre d'un dispositif mixte, le e-learning est une innovation multi registres : pédagogique, sociale, culturelle, managériale, technologique... qui vient heurter les systèmes d'apprentissage et de transmission des connaissances établis depuis des décennies, sinon des siècles. Il n'y a aucune raison valable que ce changement soit traité avec plus de légèreté que celui qu'entraîne, par exemple, l'évolution des processus ou du système d'information de l'entreprise. C'est pourtant le cas : des méthodes de conduite / accompagnement du changement qui ont fait leur preuve dans d'autres domaines n'ont pas encore gagné le domaine du e-learning. C'est tout juste si l'entreprise pense parfois seulement à "faire un peu de communication interne".
Autre illustration : s'il est un poste impacté par un tel changement, c'est bien celui du formateur - ce que nous ne manquons pas ici de rappeler régulièrement. La plupart du temps, les entreprises laissent cette question en suspens, comme si elles concevaient une certaine inquiétude à ouvrir cette boîte de Pandore. Elle n'ont pourtant pas le choix : les formateurs seront les principaux moteurs du changement... ou bien ils en signeront l'arrêt brutal. Combien d'entre eux sont accompagnés à assumer les nouveaux rôles que l'innovation détermine ? Ces formateurs ont souvent acquis, tout au long de leur pratique, de précieuses compétences d'animation ; praticiens parfois autodidactes, ils peuvent en savoir plus long sur la pédagogie qu'ils veulent bien le croire eux-mêmes ; leur expertise est avérée dans les métiers de l'entreprise. Celle-ci doit impérativement éviter de démobiliser ses formateurs, comme elle ne peut évidemment se satisfaire de renoncer aux apports du e-learning parce que les formateurs l'aurait rejeté. On mesure l'importance que revêt ainsi l'accompagnement des formateurs dans l'introduction, la mise en oeuvre, le développement, la réussite des projets e-learning.
Revenons à l'apprenant. Nous l'avons dit, le tutorat ne suffit pas à se dédouaner de la nécessité de l'accompagner dans ses nouveaux apprentissages. Jacques Rodet le souligne justement : le tutorat gagnerait fortement à être pensé en amont de tout projet de formation à distance. Nous pourrions avoir le même énoncé concernant l'ensemble de la démarche : la qualité des projets gagnerait beaucoup à ce que l'apprenant soit consulté en amont de la formation, dès avant la phase de conception pédagogique, et de fait tout au long de la conception et de la réalisation du dispositif. Les méthodes existent en la matière, elles ont fait leur preuve ; elles n'alourdissent pas autant qu'on peut le croire les délais ou les coûts, permettant d'améliorer la qualité de la formation, elles sont donc "rentables".
lundi 14 janvier 2008
GTD au secours du temps qui passe...
Par Michel Diaz le lundi 14 janvier 2008, 09:01

Image tiré du blog de trop !
Ah ! L'épineuse question de la gestion personnelle de son temps ! (les engagements que l'on prend vis-à-vis de soi-même, en début d'année, portent souvent sur une meilleure utilisation de son temps).
Si le temps est un capital dont chacun est doté à la naissance, il s'agit d'un drôle de capital qui n'évolue jamais que dans le sens de la perte (quelle tête d'enterrement tire le spéculateur définitivement privé d'espoir !) Et les consultants qui veulent nous assurer qu'on peut "gagner du temps" pratiquent un art consommé du sophisme : c'est tout juste si leurs solutions permettent de perdre un peu moins de temps que celui qui serait autrement perdu dans telle tâche ennuyeuse ou, c'est selon, "importante et urgente". Elles ne peuvent empêcher que la perte s'amplifie. La relation entre temps et capital (ou argent) est une vieille lune ("le temps, c'est de l'argent", ou "l'argent (le capital), c'est du temps"). La gestion du temps, ce serait donc celle d'un capital qui vaudra nécessairement zéro à l'échéance ; autant dire une gestion qui nous ramène à ce qu'il y a de plus intime et de mystérieux dans notre condition, et qu'il nous faut recouvrir vite fait bien fait, sauf à devoir affronter la vertigineuse premeditatio des stoïciens.
Heureusement qu'il y a David Allen et sa méthode : GTD ! "Get Things Done", autrement dit : le boulot sera fait.
Résumons quelques aspects de la méthode.
Une pensée vous passe par l'esprit (un "truc", une chose à faire, un projet, une préoccupation...), notez-la en temps réel : surtout ne rien laisser de côté ! Il y va de votre sérénité, et de la bonne application de GTD. Ces notes réunies dans un même espace (bannette, disque dur...) feront l'objet d'une revue régulière (au moins une fois par semaine, mais les vrais adeptes s'y collent plusieurs fois par jour). La revue consiste à soumettre chaque pensée à la question : est-ce que c'est actionnable (transformable en action) ? Payer sa taxe foncière, c'est actionnable ; devenir l'homme le plus riche du monde, ça ne l'est pas (à peine susceptible d'être un projet découpé en tâches !).
Actionnable ? Il n'y a plus qu'à décider quand : ASAP (As Soon As Possible) ou tel jour. Si ça ne l'est pas : vous mettez le "truc" à la poubelle ou vous le différez ou vous l'enregistrez comme une information qui va geler au frigo.
Bien entendu toutes ces pensées peuvent être regroupées par sujets (topics) ; une action peut aussi être une fausse vraie action : simple à première vue (la fameuse "première chose à faire" de la méthode GTD), mais qui se révèle cacher des "sous-actions" ; transformez-la illico en projet, et c'est gagné !
Vous pouvez associer une priorité à chaque action : je dois, je devrais, je voudrais, je pourrais - ce qui a une autre allure que 1, 2 ou 3. Et l'on constate du coup qu'il y a peu de choses que "je dois" vraiment faire, et que les agendas et les têtes sont encombrées de culpabilité ("je devrais"), de velléités ("je voudrais") ou carrément de rêve éveillé ("je pourrais"). Et ce n'est pas le moindre mérite de GTD de vider l'agenda de ces scories.
Autre mérite : avec GTD, vous pouvez contextualiser une action. Par exemple : toutes celles qui doivent être effectuées au bureau, avec l'ordinateur ou sans, ou celles qui doivent l'être à la maison, seul ou en famille..., ce qui présente l'intérêt de pouvoir regrouper les actions à mener quand vous vous trouvez dans un contexte particulier.
GTD accumule ainsi petits avantages et astuces qui finiraient par rendre de grands services... si l'on n'avait à passer tant de temps à tout noter, structurer, revoir, etc.
Aux lecteurs qui ont eu le courage de me suivre jusque là, je livre ce lien - ThinkingRock - qui permettra de télécharger le logiciel libre qui, parmi ceux que j'ai testés, propose la meilleure implémentation de GTD, et pallie de fait l'inconvénient que j'ai mentionné plus haut. Avec ThinkingRock vous perdrez un peu moins de temps ; ce temps "gagné", vous pourrez le passer agréablement à jouer avec cet outil !
Pour en savoir plus, l'introduction et les liens proposés par Wikipedia.
vendredi 11 janvier 2008
e-learning et tourisme (bis repetita)
Par Michel Diaz le vendredi 11 janvier 2008, 09:34
A première vue la formation des agents de voyage semble se prêter parfaitement au e-learning.
Les produits évoluent sans cesse, les catalogues se renouvellent ; les modules e-learning peuvent s'appuyer sur la riche iconographie qui vient en support de la vente de voyages (photos qui font rêver jusqu'aux plus indécrottables casaniers, pictogrammes qui viennent faciliter la lecture des caractéristiques des séjours, etc.) ; la population même des agents de voyage est réputée "branchée" - ce milieu pouvant attirer à l'instar de la pub, des médias, etc. -, partant : potentiellement plus ouverte à une innovation telle que le e-learning.
De fait les expériences se multiplient, dont le Web se fait l'écho. Dernière en date : l'annonce faite par l'office du tourisme marocain à Paris - source : le quotidien du tourisme. (Nous avions mentionné il y a peu le programme e-learning lancé par le Ministère du Tourisme de Malaisie).
Quelle réalité se cache derrière ces annonces, qui laissent à penser que le e-learning à destination des agences de voyage et professionnels du tourisme serait un long fleuve tranquille (au choix : le Nil pour une croisière ou le Gange pour un bain de foule purificateur) ?
Certes pas la réalité que nous avons étudiée chez un certain nombre d'acteurs du secteur.
La principale problématique rencontrée est celle de la relation temps de travail / temps de formation, pour les postes commerciaux ("front office") en agence.
Pour faire simple : l'agent de voyage est à la disposition permanente du client qui peut entrer à tout moment sans crier gare (cela vaut aussi pour les boutiques SNCF) pour demander une information ou acheter un voyage, un titre de transport, etc.
Qu'il y ait plusieurs agents peut en partie changer la donne, mais les "coups de feu" sont intempestifs ! (Et la tendance est de toute façon à la réduction des effectifs : un agent doit être toujours plus productif).
La priorité est évidemment donnée à l'acte commercial : l'agent qui escomptait un petit quart d'heure de tranquillité pour se former cessera de "granulariser" dans son module d'apprentissage en ligne aussitôt que le client sera entré dans la boutique.
Une fois, deux fois, trois fois... on ne l'y reprendra plus : cette modalité d'apprentissage sera disqualifiée, et avec elle "ceux du siège" qui auront promu le e-learning au motif qu'il permet justement à un agent de se former par séquences d'un quart d'heure (compatibles sur le papier avec les contraintes du métier), en oubliant que cet empêcheur de tourner en rond (le client) va surgir en plein milieu du quart d'heure !
Au reste, s'agit-il de e-learning ? Ou d'information produit ou de communication ? Poser la question, c'est y répondre. L'accompagnement des agents, leur tutorat, répondent le plus souvent aux abonnés absents ; la stratégie pédagogique souvent inexistante.
Pour autant, c'est affaire de volonté d'entreprise : on peut former des agents de voyage (et plus généralement des commerciaux sédentaires) en agence et tirer profit du e-learning dès lors qu'un certain nombre de conditions sont réunies, qu'il appartient à l'étude préalable de fixer.
jeudi 10 janvier 2008
Structuration du marché e-learning : Demos acquiert MOS
Par Michel Diaz le jeudi 10 janvier 2008, 09:00
Demos annonce son acquisition de 51% du capital de la société MOS (Mind On Site), et celle des 49% restant à l'horizon 2009/2010. C'est - au-delà de l'homonymie partielle ! - la poursuite logique d'une histoire qui compte déjà quelques années et qui avait fini par faire du groupe Demos le principal partenaire de l'éditeur de logiciels suisse.
Pour rappel :
1er temps : Dirigée par Philippe Gil (ex Cegos) et Philippe Lacroix, E-learning Agency choisit la suite logicielle e-learning de MOS - outil auteur, LMS... - comme support à ses activités de développement et d'intégration de modules e-learning sur mesure ; ce mix technologie - services donne satisfaction aux clients de l'agence, les partenaires intensifient leur relation.
2ème temps : E-learning Agency se rapproche du groupe Demos, l'un des tout premiers opérateurs de formation européen déjà fortement investi dans le e-learning. L'entité résultante devient à son tour leader sur le marché de la prestation e-learning. Notons que ce rapprochement est un des atouts qui ont permis au groupe Demos de réussir son entrée en bourse au printemps 2007 (le marché valorise la composante technologique).
3ème temps : Celui que nous connaissons aujourd'hui : l'acquisition de MOS par le groupe Demos, qui réussit là un joli coup !
Décryptage :
Avec cette acquisition, Demos s'assure de disposer d'une suite logicielle e-learning commerciale de haut niveau. Le groupe prend une nouvelle longueur d'avance sur sa concurrence : la plupart des organismes de formation n'étant pas investis dans ce domaine porteur, d'autres ayant commis l'erreur de développer leurs propres outils (dits "propriétaires") qui sont loin d'avoir le degré d'industrialisation de MOS - on ne s'improvise pas éditeur de logiciels !
Cette acquisition est d'autant plus pertinente qu'elle vient après la signature de grands contrats clients - Air France KLM, par exemple, vient de référencer MOS au niveau corporate, avec tout un environnement de services fournis par la division e-learning de Demos. Il s'agit d'assurer la pérennité des solutions chez ces grands clients, et l'évolution des logiciels dont on sait qu'elle est gourmande en moyens humains et capitalistiques : l'entrée de MOS dans Demos lui garantit ces possibilités d'évolution.
On ne connaît pas le prix payé, mais le groupe Demos a la réputation de savoir acheter ! Par ailleurs, un adage veut qu'on ne paye jamais trop cher une bonne affaire...
La principale menace extérieure sur un tel rapprochement, c'est celle, générale, que les suites logicielles libres (Moodle, Dokeos...) et le modèle économique correspondant font peser sur le monde du logiciel commercial. Menace encore faible dans les grandes entreprises qui préfèrent traiter avec des fournisseurs bien identifiés qui ont la maîtrise complète du code.
Cette acquisition est une bonne nouvelle pour le marché du e-learning toujours à la recherche de l'effet de seuil : il consolide l'émergence d'une offre "industrielle" qui conditionne largement la demande des grandes entreprises. Les moyens du groupe Demos et sa longue expérience réussie dans la croissance externe (achat et intégration) offre une bonne probabilité que l'exécution sera à la hauteur des promesses.
Nous leur souhaitons bonne chance !
Source : boursier.com.
mercredi 9 janvier 2008
e-learning Expo : demandez le programme des conférences !
Par Michel Diaz le mercredi 9 janvier 2008, 19:26
Le programme des conférences du 14ème salon "Solutions Ressources Humaines - e-learning Expo" vient d'arriver.
On ne présente plus cet évènement, qui s'est imposé comme le grand rendez-vous annuel de la fonction RH. Les visiteurs en témoignent, qui viennent chercher de l'information et / ou des solutions aux nombreuses problématiques de l'heure.
Grâce à e-learning Expo - plus qu'un village : un véritable salon dans le salon - les visiteurs pourront rencontrer le panel le plus représentatif de l'offre en matière de technologies, de contenus et de services e-learning.
En parallèle de Solutions RH, l'organisateur du salon a particulièrement soigné le programme des conférences, résolument et pratiquement orientées sur les préoccupations des entreprises, et qui fait là aussi une place au e-learning :
La conférence C6 traitera du thème "Distance de Proximité, ou comment une solution d’accueil peut rendre le e-learning plus efficient".
La conférence C21 - que j'ai le plaisir d'animer - montrera "Comment utiliser la e-formation au service de la gestion des compétences". En ce début d'année où la question de la GPEC est devenue hautement sensible, les DRH devraient plébisciter une conférence qui témoignera des apports de l'approche e-learning dans ce domaine, à travers les interventions et le débat de spécialistes renommés : Jérôme Bruet, Directeur Général de e-doceo, Philippe Delanghe, Associé de Hyperoffice, Philippe Gil, Directeur chez Demos Training Agency et Marc de Quercize, Directeur Général de Iprogress.
e-learning et fossé numérique générationnel
Par Michel Diaz le mercredi 9 janvier 2008, 13:58
Les entreprises commencent à se préoccuper sérieusement du mode d'intégration d'une nouvelle génération de collaborateurs dopés à la technologie.
Une récente étude de Capgemini résumée et commentée par Guy Hervier dans ITR Manager vient enrichir la connaissance que nous avons du comportement des jeunes en la matière. C'est qu'en effet le profil "technologique" des jeunes gens qui vont être massivement recrutés pour pallier le papy crack, ce profil a fortement évolué par rapport aux générations précédentes.
Pour résumer (avec la simplification qu'entraîne toute généralisation), nos jeunes gens sont pour ainsi dire nés avec l'Internet et le tout numérique... Ce sont les "digital natifs" de la classification de Marc Prensky reprise en France par Louis Naugès, i.e les "nés avec la PlayStation, le téléphone mobile, la photo numérique, l’Ipod, et pour qui le courriel est déjà dépassé, remplacé par SMS, chats et autres outils synchrones".
Le schéma ci-dessous (source : webilus.com) est une bonne image des usages qui sont faits de la technologie par tranches d'âge.

Clients naturel des sociétés qui interviennent dans l'Internet, ces digital natifs sont indirectement à l'origine des choix et des technologies qui parviennent sur le marché. A n'en pas douter, ils attendront des entreprises qui les recrutent qu'elles se mettent au diapason, qu'elles leur offrent un environnement numérique de travail correspondant à leur expérience numérique quotidienne (loisir, échanges, vie familiale, etc.).
Notons au passage que cette utilisation massive de la technologie ne va pas sans modification du comportement, à travers notamment ce que certains ont pu qualifier de syndrome de déficit d'attention (le zapping entre de multiples écrans / activités souvent menées simultanément) - les vidéos proposées dans un récent article du Figaro présentent l'intérêt de montrer pratiquement de tels comportements à l'oeuvre.
Les entreprises vont devoir faire avec, et leur préoccupation n'est pas une vague anticipation : nous l'avons plusieurs fois rencontrée dans nos missions de conseil e-learning.
(Nous pensons, par exemple, à cette division d'un leader mondial de l'assurance confrontée au mécontentement des "anciens" - quadra, quinqua : les choses vont vite par les temps qui courent ! - qui voient partiellement remplacées les formes traditionnelles de la formation (le "présentiel"), auxquelles ils étaient habitués, par des activités d'apprentissage à distance sur ordinateur... et aux plaisanteries des "nouveaux" devant le compagnon - souvent jugé bavard et ringard, par rapport aux ressources proposées par Facebook, Youtube, etc. - qui va guider l'apprenant dans son parcours de formation en ligne.)
Si ce fossé générationnel s'exprime dans un vaste registre d'activités professionnelles, force est de constater qu'il va rapidement impacter les pratiques du e-learning, et plus généralement de la formation en entreprise. C'est une chance pour nos disciplines que d'être ainsi "soumises à la question" sur des points aussi fondamentaux que la pédagogie, la conception et le design, et de pouvoir créer du lien entre les générations.
samedi 22 décembre 2007
PCA, PRA ou comment votre projet va survivre à un sinistre...
Par Aude Dellacherie le samedi 22 décembre 2007, 11:55
Michel Diaz, co-auteur de ce blog, accordant une certaine attention aux problèmes environnementaux du moment, je ne résiste pas au plaisir de contribuer - de façon constructive ! - à sa réflexion, à travers ce que l'on appelle le PCA ou encore le PRA.
De quoi s'agit-il ?
Du Plan de Continuité d’Activités (ou de Reprise des Activités) qui permet, lorsque survient un sinistres majeur suivi d'un arrêt total ou partiel des activités de l’entreprise, de déterminer les moyens à mettre en œuvre pour assurer la continuité de service auprès des clients jusqu’à la reprise normale des activités.
Ces plans sont bien connus des grandes entreprises, comme on l'a vu lors de l'épidémie de SRAS (grippe aviaire) ; à l’heure des dérèglements climatiques, des catastrophes naturelles et autres risques tels qu'une pandémie, les dirigeants d’entreprise sont bien avisés qui ont pensé à mettre en place leur PCA.
Les plus pessimistes joueront d'ironie, notamment dans le cas d’une pandémie : à quoi bon sortir son PCA quand les clients eux-mêmes sont touchés ?!
Soyons optimiste : nous imaginerons un risque où l’entreprise cliente reste en bonne santé, avec ses attentes et ses besoins habituels de client.
Quelques pistes pour créer son PCA :
D'abord, chacune des directions opérationnelles et fonctionnelles aura fait l’inventaire de ses processus et procédures métiers pour identifier ceux et celles qu’elle considère comme étant "à risque" (fonctions vitales en quelque sorte). A chaque processus, un niveau d’engagement est associé afin de respecter les objectifs de continuité ou de reprise d’activités en termes de délai de réponse vis-à-vis du client.
En possession de cet inventaire, l'entreprise va étudier quels moyens - organisationnels, opérationnels, techniques et logistiques - mettre en œuvre pour reprendre l’activité.
Cette démarche s'apparente finalement à la création d'une entreprise bis, permettant d'assurer le "service minimum" : nouvelle organisation incluant l’équipe de pilotage du PRA, description des ressources humaines nécessaires (profils indispensables, effectifs minimum), infrastructure informatique et de télécommunications (postes, serveurs, plateformes téléphoniques), choix préalable du nouveau site géographique, etc.
La réflexion qu'une entreprise mène sur son PRA présente pour elle le bénéfice secondaire de mieux se connaître, notamment quant à la contribution de chaque maillon de la chaîne de valeur à la satisfaction des clients. Il n'est pas exclus qu'elle en tire des enseignements et un plan d'action de l'amélioration des services.
Cet exercice n'est pas de pur style, les exemples existent où un tel plan a permis à l'entreprise de '"limiter la casse". Il n'est pas réservé à la grande entreprise : la PME, voire la TPE, disposent aussi des capacités de concevoir un PRA - c'est affaire de motivation et de temps à y consacrer.
A la veille des traditionnels vœux de fin d’année, nous nous souhaiterons donc pour 2008 de concevoir notre PRA... et de n'avoir pas à le mettre en oeuvre !
mardi 18 décembre 2007
Google : moteur à la recherche d'énergies renouvelables
Par Michel Diaz le mardi 18 décembre 2007, 16:14
Sait-on assez qu'un PC est vorace en énergie - l'équivalent de 2 Kg de charbon par jour -, qu'il contribue au rejet d'une grande quantité de CO2 dans l'atmosphère, et participe de ces habitudes dispendieuses qu'on n'imagine pas de remettre en question ?
Sans parler des déchets qu'il faut recycler : plusieurs centaines de millions d'ordinateurs sont fabriqués chaque année, avec une durée de vie de plus en plus faible (beaucoup d'entreprises amortissent sur 2 ans). Il faut par ailleurs compter avec le nombre croissant des utilisateurs provenant des pays émergents. Bref : prendre en compte les problèmes environnementaux que ce mouvement va contribuer à aggraver.
Si nous n'en avons pas toujours conscience, il est un acteur de poids qui semble avoir pris le parti de l'action. « Énergie renouvelable moins chère que le charbon », c'est le nom / manifeste du fonds d'investissement que viennent de créer Larry Page et Sergey Brin, les fondateurs richissimes de Google, bien placés pour connaître les enjeux énergétiques de l'époque : la consommation des dizaines de milliers de serveurs informatiques qui relaient les services de Google sur l'ensemble de la planète est gardée comme un secret d'état.
L'utilisation du charbon – comme source d'énergie bon marché, abondante encore aux État-Unis, et comme source de CO2 / effet de serre et de réchauffement climatique – se heurtera progressivement à une sensibilité environnementale croissante (Cf. la conférence de Bali et les déclarations de Al Gore) ; les panneaux solaires qui couvrent depuis peu les immeubles de la firme de Mountain View sont utiles, mais c'est tout juste s'ils suffisent à couvrir actuellement les besoins du siège. Surtout : l'énergie solaire reste 3 à 4 fois plus chère que le charbon.
Le fonds d'investissement sera immédiatement doté de 2 milliards de dollars : Google traduit d'emblée son ambition de mobiliser les plus hautes compétences et moyens pour avancer dans son objectif d'une énergie renouvelable moins chère. Investissement dans des startups du domaine énergétique (par exemple Makani dans l'éolien), et dans la mobilisation interne de ses propres ingénieurs.
Il faut prendre au sérieux que de grandes compagnies, qui ont constitué de colossales fortunes (certes largement de papier, car indexées sur la valeur d'actions qui ne sont pas à l'abri d'une correction importante), s'investissent dans des projets de ce type, cruciaux pour notre avenir.
Si le génie humain a quelque chance de trouver un substitut aux principales sources d'énergie actuelles (en voie de raréfaction ou bien fortement polluantes), enjeu dont on finit par admettre la gravité, c'est au croisement d'un ensemble de conditions : volonté individuelle et collective, au sens le plus fort du politique, moyens (financiers, humains, organisationnels, matériels, scientifiques...) qui dépassent l'imagination.
Sauf peut-être celle de Google ! Et de quelques rares acteurs qui, avec par ailleurs des ressources énormes et une capacité de décision rapide, peuvent être un aiguillon pour des politiques collectives plus ambitieuses.
Avouons que l'initiative a une autre allure que celle du PC à pédales !
Et nous ne pouvons que leur souhaiter bonne chance !
D'ici qu'on ait trouvé la solution miracle, prenons de bonnes habitudes... (image tirée du blog ekologeek qui se veut "un petit projet sans prétention pour vous proposer des actes simples et qui aideront la planète en vous faisant faire des économies !")

lundi 17 décembre 2007
Le e-learning au menu des fêtes
Par Michel Diaz le lundi 17 décembre 2007, 16:47
Il ne manque pas de sites d'initiation aux concepts de la formation ouverte et à distance.
J'en vois défiler un grand nombre dans le jeu des alertes posées avec Google et des flux RSS qui me tiennent informé de « ce qui bouge ».
Parmi eux, certains mérites qu'on y retourne (plus tard, quand on aura le temps...) ; ils seront donc taggés « fondamentaux » dans del.icio.us (ou conservés grâce à scrapbook – précieuse extension Firefox – ou tout autre service équivalent).
Je viens de tagger le site arifor – dont le baseline est « Se former à distance en Champagne-Ardenne » – pour son glossaire « FOAD à la carte », dont le fond est solide et la forme adaptée à la perspective des fêtes de fin d'année.
On s'en sera douté : le glossaire au format PDF se présente comme un menu. Avec « Mise en bouche », « Entrée » (« Cocktail de concepts »...), « A volonté (« Assortiment de vocables »...), etc. jusqu'au bouquet final !
On y trouve, parmi d'heureuses trouvailles, le souhait méritant d'éclaircir la terminologie parfois confuse que nous utilisons comme sans y penser en tant que spécialistes (du « e-learning » !) et qui fait la part belle aux abus de langage.
Je vous laisse découvrir comment nos auteurs du glossaire distinguent entre FAD, EAD, e-formation et e-learning, EAO – rien de nouveau, sinon une simplicité qui facilitera l'initiation.
Viennent ensuite la définition de plusieurs dizaines de termes dont beaucoup touchent à la pédagogie, avec en prime quelques conseils tels que « L'efficacité en FOAD est conditionnée par la qualité de l'accompagnement mis en place », et le rappel que « À elles seules les TIC ne peuvent constituer un dispositif de FOAD » ou encore « Comme en présentiel, la FOAD exige une réflexion approfondie en ingénierie pédagogique », sans oublier le rôle clé du tuteur rappelé dans la brochure.
Comme il se doit le glossaire s'achève par une proposition au lecteur (au commensal si vous préférez) de tester ses connaissances (fraîchement ?) acquises dans un entremets au nom évocateur : « Appréciation en cinq sens ». Et je ne sais la part d'inconscient qui aura joué dans le choix de ce titre, alors qu'on le sait par de multiples études : l'imprégnation du cerveau est d'autant plus grande qu'un plus grand nombre de sens ont effectivement été mobilisés dans l'apprentissage de nouvelles connaissances ! (À quand un apprentissage en ligne qui prennent en compte la mémoire des parfums ?)
Vient enfin le bouquet final, avec la synthèse des recommandations.
Du bel et bien fait, qui met l'eau (ou le champagne) à la bouche...
vendredi 14 décembre 2007
Point trop (d'écran) n'en faut
Par Michel Diaz le vendredi 14 décembre 2007, 19:44
On le sait : il existe une addiction à l'Internet.
La mesure de cette addiction : le temps qu'on y passe, le sentiment qu'on rate peut-être quelque chose et l'irrépressible besoin d'y retourner lorsqu'on s'en est éloigné pendant quelques heures.
(Les blogueurs peuvent s'abriter derrière des utilisations plus ou moins professionnelles, nécessaires ou « nobles » (par opposition à d'autres usages moins avouables), il n'en reste pas moins que certains d'entre eux n'ont pas échappé à une forme de cyberdépendance.)
Cette addiction n'est sans doute qu'un cas particulier de l'addiction généralisée à l'image à travers à son vecteur premier : l'écran.
De récentes études montrent que les jeunes gens passent moins de temps devant le poste de TV (qui reste tout de même la troisième activité des français après le travail et le sommeil !), et l'on se dit que c'est une bonne nouvelle. Mais le peu de temps ainsi gagné va au profit de l'Internet, et bien au-delà, de sorte que le temps globalement passé devant un écran commence à emplir dangereusement ce qui restait de la vie.
Cédric Biagini, Guillaume Carnino, Celia Izoard viennent de commettre un livre salutaire sur le sujet : « La tyrannie technologique » (aux Éditions L'Échappée) nous aide à prendre conscience de ce que l'on ne voit plus d'avoir le nez dessus.
Par exemple, que bien peu d'activités échappent aujourd'hui à l'utilisation de l'ordinateur : travailler (bloguer !), s'informer, acheter, écouter de la musique, voir des films, faire des rencontres, entretenir des amitiés ou des relations à distance, jouer, draguer...
L'écran est devenu cet objet envahissant de l'intimité et de l'espace public : écran d'ordinateur, du téléphone mobile, écran de TV (qui n'a pas disparu, au contraire, avec la multiplication des bouquets numériques ou des lecteurs de dvd), écrans des galeries marchandes, des cafés mode (même les brasseries de quartier s'y mettent, et pas seulement à l'occasion d'un mondial de rugby), des salons de coiffure, des salles de sport dopées aux séries B et aux émissions de casting pour jeunesse en mal de notoriété, etc.
Le vertige nous saisit à la comptabilisation du temps passé devant ces écrans, temps distrait au silence, à la durée, à la rencontre que l'on fait de l'autre (de chair et de sang), dans la « vie réelle » (que l'on met entre guillemets en même temps qu'entre parenthèses, tant l'on est parfois incertain du sens que l'on peut encore lui donner).
Nos auteurs peuvent à juste titre parler d'un réel réduit à sa représentation, à son image. Ils enfoncent un clou forgé depuis des décennies par nombre de théoriciens (Debord, Baudrillard, Virilio...). Ils en montrent les conséquences : primauté des valeurs de vitesse, d'immédiateté, de superficialité, perte de distance... jusqu'à cet affaiblissement de l'activité cérébrale mesurée, dit-on, dans le cerveau qui s'abîme en contemplation devant les scintillements de l'écran! Sans oublier la destruction du lien social, des anciennes organisations de la pensée, du travail.
Le tableau est sombre, mais Cassandre a son utilité.
Le e-learning, dans son plus bas étage, forme le projet de substituer (une partie au moins) du présentiel en apprentissage devant l'écran.
Nous imaginons ce que peuvent en penser nos trois auteurs...
« billets précédents - page 1 de 4
Derniers commentaires